POLITIQUE
05/03/2014 09:49 EST | Actualisé 05/03/2014 09:49 EST

Élections 2014: Une majorité de députés péquistes ne croient pas à un référendum, dit Legault

PC

QUÉBEC - La majorité des députés péquistes ne croient pas à la tenue d'un référendum à moyen terme, a soutenu mercredi François Legault, quelques heures après que le candidat péquiste de Portneuf eut affirmé qu'il était un "souverainiste en temps et lieu".

En entrevue avec La Presse Canadienne, le chef de la Coalition avenir Québec a fait valoir que selon son expérience, les souverainistes pressés ne sont pas légion au Parti québécois (PQ).

"Écoutez, j'ai été au PQ; il y a une majorité de députés au PQ qui ne croient pas qu'il va y avoir un référendum à moyen terme", a-t-il laissé tomber, bien installé dans la suite d'un hôtel de Québec, en fin de journée, mercredi.

M. Legault a en outre plaidé qu'il ne craignait pas que sa formation politique ne se retrouve entre l'arbre et l'écorce _ comme ce fut le cas dans le cadre du débat sur la charte de la laïcité _ si le sempiternel enjeu de la souveraineté s'imposait comme l'un des thèmes de la campagne électorale.

Selon lui, les référendums de 1980 et de 1995 n'ont fait qu'affaiblir le Québec par rapport au gouvernement fédéral et leur tenue est en grande partie responsable du fait que la province stagne depuis environ quatre décennies.

François Legault a esquissé un sourire en évoquant les propos du candidat péquiste de la circonscription de Portneuf, Hugues Genois, qui a affirmé mercredi qu'il ne croyait pas à la nécessité de tenir une consultation sur la souveraineté dans le prochain mandat si Pauline Marois obtenait le premier mandat majoritaire qu'elle réclame.

"Il s'est échappé là (M. Genois), mais si vous aviez une discussion franche avec les députés du PQ, la majorité pense qu'il n'y en aura pas, de référendum", a-t-il laissé tomber, évoquant le manque de popularité de l'option auprès de la population.

Début de campagne difficile

Un peu plus tôt, lors de son discours d'ouverture, le leader caquiste a assuré que la défection surprise de la députée Hélène Daneault et l'annonce de la suspension des travaux de la Commission Charbonneau ne l'empêcheraient pas de mener la "campagne de sa vie".

L'encre de la signature du lieutenant-gouverneur sur les décrets permettant la dissolution de l'Assemblée nationale n'était pas encore sèche que déjà, une première tuile s'abattait sur François Legault et les troupes caquistes: la députée de Groulx, Hélène Daneault, annonçait son départ inopiné.

La docteure Daneault avait pourtant affirmé qu'elle briguerait un second mandat sous la bannière caquiste. Ce sont des "raisons de santé" qui l'ont amenée à revoir ses plans, a expliqué M. Legault à l'issue de son discours d'ouverture, qui s'est tenu en milieu d'après-midi à Québec.

Interrogé sur l'identité de la personne qui, au sein des rangs caquistes, pourrait incarner les enjeux reliés à la santé, le chef s'est montré très évasif, se contentant d'affirmer que les problèmes du système de santé étaient "des problèmes d'organisation" et que pour cela, on avait "besoin d'un bon gestionnaire".

Ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle qu'a dû encaisser François Legault: la Commission Charbonneau y est allée d'un coup de théâtre, mercredi, en signalant que les audiences seraient suspendues pendant la période électorale, contrairement à ce qu'elle avait _ elle aussi _ annoncé au préalable.

Mais le chef caquiste a refusé de se laisser abattre par ces deux écueils de début de campagne.

Certes, il aurait bien aimé avoir plus d'informations sur la façon dont le ministère des Transports fonctionnait à l'époque, sous la houlette des gouvernements libéral et péquiste.

Oui, la Commission Charbonneau aurait pu donner des munitions à la CAQ en s'intéressant au financement politique des partis provinciaux, a-t-il convenu.

Toutefois, la commission d'enquête est souveraine et indépendante, a fait remarquer François Legault, se disant "zen" et "serein" comme il le soutient sur toutes les tribunes depuis quelques jours.

Les Québécois, eux, auraient avantage à se montrer un peu plus "orgueilleux" et prendre le "beau risque" d'élire un gouvernement de la CAQ le 7 avril prochain, de l'avis du chef caquiste.

"Come on, soyons un peu orgueilleux", a-t-il martelé après avoir comparé la situation économique québécoise à celle des autres provinces et pays, déclenchant un tonnerre d'applaudissements dans la salle de Québec où il a livré le premier discours de la campagne.

François Legault a rappelé qu'il déposerait dès jeudi un cadre financier pour les quatre prochaines années dans lequel il entend démontrer qu'il peut atteindre l'équilibre budgétaire dès la première année et réduire sensiblement les impôts des contribuables.

"Je veux être très clair. Un vote pour le PQ ou un vote pour le Parti libéral, c'est un vote pour hausser les taxes. Un vote pour la CAQ, c'est un vote pour baisser les taxes", a-t-il martelé, suggérant que son principal adversaire n'étaient pas les autres formations politiques, mais bien la "résignation" de l'électorat.

Selon les sondages internes qui sont menés à la CAQ, les Québécois se disent en faveur d'une réduction des dépenses et des impôts mais ne croient pas qu'un parti politique aura le courage de faire ni l'un ni l'autre, a avancé M. Legault.

Le chef caquiste estime qu'en déposant un cadre financier dès le premier jour de la campagne, il sera en mesure par la suite de convaincre les électeurs du sérieux de ses intentions.

Même s'il lui reproche de ne pas respecter sa promesse de tenir des élections à date fixe, François Legault estime qu'il était temps que Pauline Marois annonce un scrutin, estimant qu'il fallait mettre un terme aux dépenses incessantes de son gouvernement depuis six mois.

En fin de journée, lors de son entrevue avec La Presse Canadienne, il a néanmoins affirmé qu'il n'aurait pas rechigné à retourner quelques jours à l'Assemblée nationale, notamment pour adopter le projet de loi 52 sur l'aide médicale à mourir.

Selon lui, Pauline Marois a pu être tentée de précipiter le Québec en élections pour éviter d'avoir à se plier à la motion caquiste et libérale qui a été adoptée le 20 janvier dernier et qui contraignait la première ministre et son mari, Claude Blanchet, à témoigner en commission parlementaire au sujet d'un mystérieux investissement du Fonds de solidarité FTQ dans une société que dirigeait M. Blanchet il y a plusieurs années.

Le couple Marois-Blanchet, a-t-il insisté, aurait eu à s'expliquer sur des "questions très troublantes" à cette occasion.

"On va en reparler pendant la campagne électorale", a assuré François Legault.

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