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05/03/2014 01:38 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

L'Otan renforce sa coopération avec l'Ukraine et la réexamine avec la Russie

L'Otan a décidé mercredi de renforcer sa coopération avec l'Ukraine et de réexaminer celle avec la Russie, avec la suspension de certaines initiatives communes Otan-Russie, a déclaré son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen.

"Nous avons placé l'ensemble de la coopération Otan-Russie sous examen" et mis fin aux réunions communes au niveau des employés de l'Otan, a annoncé M. Rasmussen à l'issue d'une réunion Otan-Russie au niveau des ambassadeurs au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Ces mesures "envoient un message très clair à la Russie selon lequel elle doit contribuer à la désescalade" de la situation en Ukraine, a-t-il estimé.

La plus immédiate est la suspension de la préparation de la "première mission commune Otan-Russie", à savoir l'escorte commune pour le navire américain transportant des armes chimiques syriennes devant être détruites.

"Cela ne va pas affecter la destruction des armes chimiques, mais la Russie ne sera pas partie prenante à partir de maintenant", a précisé M. Rasmussen.

"Dans le même temps, nous voulons laisser la porte ouverte au dialogue" en étant "prêts à maintenir les réunions" du Conseil Otan-Russie au niveau des ambassadeurs, a-t-il assuré.

L'Otan ne va ainsi pas aussi loin que les Etats-Unis, qui ont "suspendu" lundi leur coopération militaire avec Moscou.

Parallèlement, nous avons décidé de "renforcer notre partenariat avec l'Ukraine et notre coopération pour soutenir les réformes démocratiques", a indiqué le secrétaire général de l'Otan.

Cela passera par un soutien plus appuyé aux structures militaires et civiles de l'Ukraine, un pays qui coopère depuis des années avec l'Otan et participe déjà à plusieurs de ses missions, notamment en Afghanistan.

L'Otan va également aider Kiev à moderniser son armée, "y compris par plus d'entraînements et d'exercices communs".

M. Rasmussen recevra jeudi le nouveau Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, au cours de sa visite à Bruxelles.

Interrogé sur une éventuelle offre d'adhésion de l'Ukraine à l'Otan, il a indiqué que c'était aux "Ukrainiens de décider de leur future relation avec l'Otan".

Les réunions sur l'Ukraine se sont succédé ces derniers jours à l'Otan, mais sans discussion sur un possible "rôle opérationnel" de l'Alliance militaire.

L'ambassadeur russe auprès de l'Otan, Alexandre Grushko, a considéré que cette activité "démontrait qu'une mentalité +Guerre froide+ primait toujours" à l'Otan, une organisation qui accueille plusieurs anciens pays communistes, comme la Pologne et la Roumanie, et même les pays Baltes, ex-républiques soviétiques.

M. Rasmussen a dit "espérer que la diplomatie allait ouvrir la voie à une solution politique et durable de la crise en Crimée" et que "mettre une certaine pression" sur la Russie pouvait être utile.

Le Conseil Otan-Russie (COR) a été créé en 2002 pour favoriser la coopération entre les deux partenaires "sur les enjeux sécuritaires" et "dans toute une série de domaines d'intérêt commun", comme la gestion des crises ou la lutte contre le terrorisme et la piraterie.

jri/jlb/ai

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