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05/03/2014 07:24 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Grève du platine en Afrique du Sud: les négociations suspendues

Les négociations visant à mettre fin à la grève qui affecte depuis six semaines les principales mines de platine sud-africaines ont été suspendues sine die, a annoncé mercredi la CCMA, l'organisme paritaire chargé de régler les conflits du travail.

"Le processus de médiation devrait pouvoir reprendre quand les parties prenantes auront réfléchi à leur position et montré leur volonté de retourner à la table de négociation", a indiqué dans un communiqué Nerine Kahn, directrice de la CCMA.

Le syndicat Amcu, qui a fait cesser le travail à 80.000 mineurs depuis le 23 janvier chez les trois premiers producteurs mondiaux de platine, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin, s'en tient à sa revendication d'une revalorisation du salaire de base à 12.500 rands (850 euros).

Son président Joseph Mathunjwa a accepté de "donner un répit aux employeurs" en proposant d'échelonner l'augmentation sur trois, puis quatre ans pour arriver aux 12.500 rands, un niveau qui correspondrait à une multiplication par deux ou trois des salaires actuels.

"Nous en restons loin. L'exigence révisée d'Amcu d'une hausse moyenne du salaire de base de 25 à 35% par an pendant quatre ans reste inabordable. Nous exhortons Amcu à saisir cette occasion (la suspension des négociations) pour réfléchir à notre offre et à en informer ses membres", ont réagi les directeurs généraux des trois majors du platine, qui emploient des dizaines de milliers de personnes.

L'offre en question ferait passer le salaire de base de 5.000-5.700 rands à 6.300-7.200 rands (430 à 490 euros) d'ici 2015, et le revenu garanti des mineurs de fonds les moins bien payés à 10.900-11.900 rands (740 à 810 euros) en incluant les primes, ont-ils précisé, rappelant qu'il s'agit là de niveaux de salaires élevés en Afrique du Sud.

"Nous sommes toujours disposés à discuter dans la limite de notre marge de négociation, et de bonne foi. Il est toutefois impératif que les réalités économiques soient prises en compte lors de ce processus afin d'assurer la durabilité de l'industrie", ont ajouté les patrons, qui ont déjà évoqué restructurations et licenciements si la grève devait se prolonger.

"Les discussions n'ont pas été abandonnées. La procédure, c'est que les compagnies vont revenir vers nous, c'est ce que nous comprenons", a indiqué à l'AFP Jeff Mpahlele, le secrétaire général d'Amcu.

"Nous avons vraiment fait de notre mieux. Nous sommes partis de 12.500 (rands) sur un an, et puis nous avons dit: payez sur deux ans, trois ans, et maintenant quatre ans... Mais ils crient toujours au fou. Nous ne savons plus quoi faire. (...) Nous avons fait tout ce que nous pouvions, mais ils ne comprennent pas. C'est problématique. Nous allons intensifier notre grève", a-t-il ajouté.

Faisant allusion à la manifestation qu'Amcu a annoncée jeudi devant la présidence sud-africaine à Pretoria, où le syndicat attend 40.000 personnes, il a poursuivi: "Nous marcherons demain, et nous marcherons sur les sièges des compagnies, et nous allons aussi étudier la possibilité de grèves secondaires."

Le mouvement a été jusqu'à présent bien moins violent que la vague de grèves sauvages qui avaient secoué les mines sud-africaines en 2012 (la police avait notamment tué 34 mineurs de Lonmin à Marikana (nord), sur fond d'affrontements intersyndicaux meurtriers). Mais il a néanmoins fait un mort le 7 février, un permanent d'Amcu tué dans des heurts avec la police près d'une mine d'Amplats.

Le platine a atteint mercredi à Londres son plus haut niveau depuis le 11 septembre à 1.484,75 dollars l'once.

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