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05/03/2014 05:59 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Des actes de violence éclatent à Djouba, capitale du Soudan du Sud, mercredi

DJOUBA, Soudan du Sud - La capitale du Soudan du Sud, Djouba, a été ébranlée par de multiples explosions mercredi, quand une querelle au sein de l'armée a mené à des affrontements qui ont fait au moins cinq morts.

Des camions remplis de soldats ont été dépêchés vers la capitale après le début des violences, vers 9h.

Un porte-parole de l'armée sud-soudanaise, le brigadier-général Malaak Ayuen, a expliqué que des soldats qui n'avaient pas été payés récemment ont demandé leurs salaires à un officier. Le ton a monté, faisant cinq morts et de nombreux blessés parmi les militaires, a dit le général Ayuen. «Plusieurs» soldats ont aussi été arrêtés, a-t-il dit.

«C'est purement une question de salaires. Ce n'est pas politique et ça ne se propagera pas, a dit M. Ayuen. Les soldats n'ont pas été payés depuis janvier, je ne sais pas pourquoi, et ils ont demandé des explications à leur commandant.»

Le général Ayuen a expliqué que les nombreuses déflagrations qui ont secoué la ville provenaient d'un dépôt d'armes qui a été incendié. Un important nuage de fumée noire s'élevait au-dessus de Djouba. Plusieurs commerçants ont décidé de fermer leur établissement pendant que des soldats patrouillent les rues de la capitale.

La ville demeure tendue depuis les violences qui ont éclaté en décembre et qui, ultimement, ont mis aux prises les partisans du président et ceux de l'ancien vice-président. Ce dernier commande maintenant des rebelles qui contrôlent une bonne partie du pays.

Des milliers de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers d'autres chassées de chez elles au cours de trois mois de violences.

Si M. Ayuen a déclaré que la querelle de mercredi n'était pas politique, il a fait allusion à la méfiance qui existe entre les principaux groupes ethniques au sein de l'armée.

«Les soldats ne sont pas heureux de la manière dont le gouvernement a géré la situation, a-t-il dit. On leur a demandé de pardonner et d'accueillir les soldats qui ont tué leurs camarades il y a quelques semaines. Maintenant ils sont de retour dans leurs rangs. Il est trop tôt pour oublier.»

Par ailleurs, l'Autorité intergouvernementale pour le développement, une organisation régionale, a indiqué mercredi qu'elle espère bientôt être en mesure de déployer une force de protection et de stabilisation au Soudan du Sud. L'Éthiopie, Djibouti, le Kenya, le Rwanda et le Burundi pourraient contribuer des soldats à cette force.

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