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05/03/2014 10:17 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Au bord de la faillite, le gouvernement ukrainien vend ses voitures de fonction

Le gouvernement ukrainien, qui mène des négociations d'urgence avec le Fonds monétaire international (FMI) pour éviter la faillite du pays, a annoncé mercredi la vente de la plupart de ses 1.500 voitures de fonction pour réduire son train de vie.

"Nous passons à la pratique courante dans le monde, avec une voiture par ministère", a expliqué le ministre des Finances, Olexandre Chlapak, cité par l'agence Interfax Ukraine.

"Toutes les autres voitures seront vendues et les postes des chauffeurs, malheureusement, supprimés", a-t-il ajouté.

Le ministre a précisé que le gouvernement comptait actuellement 1.500 voitures de fonctions et espérer tirer 40 millions de hryvnias de la vente (3 millions d'euros).

Cette mesure, qui ne va rapporter qu'un revenu très modeste au vu des besoins financiers de l'Ukraine, est très symbolique à la fois de la volonté des autorités actuelles de rompre avec le train de vie du régime de Viktor Ianoukovitch qu'elle dénonçait, et de la chasse aux économies lancée pour redresser les finances du pays.

M. Chlapak a estimé à dix milliards de dollars la somme nécessaire au seul remboursement des dettes actuelles du pays d'ici à la fin de l'année.

Selon des chiffres du Trésor diffusées mercredi par Interfax, les revenus budgétaires ont chuté de 4,2% sur les deux premiers mois de l'année par rapport à la même période un an plus tôt, et les dépenses de 2,5%. Signe des effets de la crise sur l'activité économique, le produit tiré de la taxe sur la valeur ajoutée a plongé de 25%.

Une mission du FMI est arrivé mardi à Kiev pour conclure un plan de sauvetage financier de l'Ukraine, Moscou ayant suspendu son aide de 15 milliards de dollars accordé en décembre, dont elle n'avait versé que trois milliards de dollars.

Le Fonds réclame de douloureuses réformes aux autorités ukrainiennes, notamment une hausse du prix du gaz aux ménages, sujet très sensible pour la population.

Une autre demande de l'institution financière basée à Washington, un libre flottement de la monnaie, a été acceptée de facto par Kiev au prix d'un effondrement d'un quart de sa monnaie face à l'ampleur de la crise politique, qui a débouché sur la destitution du président Viktor Ianoukovitch après la mort de dizaines de manifestants.

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