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USA: pour l'agence anti-drogue, le cannabis aussi dangereux que l'héroïne

04/03/2014 05:56 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

L'agence anti-drogue américaine a maintenu mardi à Washington que le cannabis, récemment légalisé dans deux des 50 Etats américains, méritait de rester classé au niveau fédéral dans la plus haute catégorie de dangerosité, avec le LSD, l'héroïne et l'ecstasy.

"La marijuana est la drogue illicite la plus facilement accessible et utilisée aux Etats-Unis", a déclaré Thomas Harrigan, numéro deux de la Drug Enforcement Agency (DEA), à des parlementaires américains, dans une déclaration commune avec le procureur fédéral du Colorado (ouest), où des premiers coffee-shops ont ouvert en janvier.

Mais, pressé par des élus favorables à une dépénalisation du cannabis, le responsable a indiqué qu'à sa connaissance, personne n'était mort d'une overdose de cannabis l'année dernière.

La légalisation du cannabis à des fins médicales dans 21 Etats et sa libéralisation au Colorado et dans l'Etat de Washington (nord-ouest) placent les autorités fédérales dans une position délicate, les agents fédéraux devant limiter leurs interventions à des types d'affaire relevant des priorités fédérales, comme la consommation des mineurs ou la lutte contre les cartels.

Environ 750.000 Américains ont été arrêtés pour des faits liés au cannabis en 2011, a indiqué le démocrate Earl Blumenauer, citant des chiffres du FBI --soit plus que les arrestations pour délits violents.

"Nous emprisonnons des gens. Nous dépensons des milliards de dollars, mais ça ne marche pas", a-t-il affirmé.

Le représentant a souligné que 16.000 personnes étaient mortes l'an dernier d'overdoses de médicaments prescrits par ordonnances, sans compter des milliers d'autres morts d'overdoses par cocaïne, héroïne, méthamphétamines et alcool.

Mardi, le district de Columbia, la juridiction administrative de la capitale fédérale Washington, a dépénalisé la possession de faibles quantités de cannabis. Les consommateurs ne risqueront bientôt plus qu'une amende comparable à celle encourue pour une infraction de stationnement.

Mais Thomas Harrigan, de la DEA, a martelé qu'il n'existait "pas de bonnes raisons scientifiques, économiques ou sociales de modifier la politique nationale concernant la marijuana".

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