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Une organisation ouïghour appelle Pékin à "ne pas diaboliser" la minorité ethnique

04/03/2014 03:45 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Une organisation en exil de défense des Ouïghours a appelé mardi les autorités chinoises à "ne pas diaboliser" la minorité ethnique musulmane, après une attaque meurtrière imputée par Pékin à des séparatistes du Xinjiang.

Le Congrès mondial ouïghour "condamne sans équivoque les violences" et "exprime ses condoléances" aux victimes de l'attaque et leurs familles, selon un communiqué.

Un groupe de huit assaillants munis d'armes blanches a poignardé indistinctement plus de 170 personnes samedi à la gare de Kunming, dans le sud-ouest de la Chine, tuant 29 d'entre elles.

La tuerie a été imputée par les autorités à des "séparatistes du Xinjiang", une vaste région de l'ouest du pays dont les Ouïghours, une minorité musulmane turcophone, forment l'ethnie principale.

Le Congrès mondial ouïghour "appelle au calme les parties concernées, et demande au gouvernement chinois d'apporter aux Ouïghours des assurances qu'ils ne seront pas uniformément l'objet de représailles".

"Il est important que le gouvernement gère cette affaire de façon rationnelle, et n'en vienne pas à diaboliser l'ensemble du peuple ouïghour pour en faire indistinctement des ennemis d'Etat", a insisté Rebiya Kadeer, dissidente basée aux Etats-Unis et présidente de l'organisation.

Quatre des assaillants ont été tués lors de l'attaque, une autre a été blessée et interpellée sur place, tandis que trois autres suspects ont été arrêtés lundi, selon les autorités.

"Il n'en reste pas moins que la contestation pacifique des politiques répressives du gouvernement à l'encontre des Ouïghours reste légitime ; le gouvernement ne doit pas confondre cette opposition constructive et les événements du 1er mars", a prévenu Mme Kadeer, citée par le communiqué.

Dénonçant "une détérioration de longue date de la situation des droits de l'homme" au Xinjiang, elle a par ailleurs jugé "absolument indispensable" que Pékin change d'attitude "pour réduire les tensions" dans la région.

Le Xinjiang est depuis 2009 le théâtre de nombreuses violences entre les Chinois Han (ethnie ultra-majoritaire du pays) et les Ouïghours -- lesquels accusent Pékin de les tenir à l'écart de l'essor économique de la région et de réprimer leur culture et leur religion.

Les autorités chinoises de leur côté mettent en avant les ambitieux investissements réalisés au Xinjiang et taxent habituellement de "terroristes" les auteurs de violences.

Le Congrès mondial ouïghour lui-même est "une organisation séparatiste antichinoise", "non qualifiée pour représenter les Ouïghours de Chine", a réagi mardi Qin Gang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point de presse régulier.

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