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Pas d'intervention militaire en Ukraine pour l'instant, dit Poutine

04/03/2014 02:43 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

La situation politique en Ukraine découle d'un coup d'État inconstitutionnel, selon le président russe, mais Moscou n'a pas l'intention, pour l'instant, de recourir à la force.

Vladimir Poutine a tenu sa première conférence de presse depuis celle du président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch, la semaine dernière.

Il a dénoncé une « prise de pouvoir par les armes » en Ukraine.

Vladimir Poutine dit avoir bien entendu le désir de changement des Ukrainiens, mais a ajouté qu'un « changement illégal » ne pouvait être la solution.

Toutefois, M.Poutine ne croit pas que la situation actuelle justifie une intervention militaire russe en Crimée, mais la Russie se réserve le droit de le faire, en cas de besoin.

Le président russe affirme aussi que Viktor Ianoukovitch avait respecté sa part de l'entente conclue avec l'opposition le 21 février dernier en abandonnant la plupart de ses pouvoirs. Mais il est toujours le « seul président légitime » en Ukraine, a-t-il ajouté.

Selon Vladimir Poutine, Viktor Ianoukovitch n'avait plus d'avenir politique et c'est pour lui sauver la vie que la Russie l'a accueilli. Selon lui, le président déchu risquait d'être assassiné s'il demeurait en Ukraine.

Questionnée à savoir si la Russie pourrait envisager d'offrir une aide financière à la Crimée, la réponse du président a été sans appel. « Naturellement », a-t-il dit.

Poutine nie avoir déployé des forces terrestres en Crimée

En ce qui a trait au déploiement de forces militaires non identifiées en Crimée qui assiègent les bases militaires ukrainiennes, les lieux stratégiques et les institutions politiques, le président Poutine a déclaré qu'il s'agit de « forces locales d'autodéfense » et non pas de soldats de l'armée russe.  

Il a ajouté que la Russie n'a aucun intérêt à provoquer des « initiatives séparatistes » dans cette région majoritairement peuplée de citoyens d'origine russe.

Le déploiement-éclair en Crimée de ces « forces d'autodéfense » équipées d'armes, de matériel et de véhicules blindés modernes, voire neufs, a soulevé beaucoup de questions sur la provenance de ces troupes qui n'arboraient aucun insigne ni étendard pour afficher leur identité.

Soldats rappelés

Plus tôt mardi, le président Poutine a ordonné à ses troupes qui effectuaient des manoeuvres militaires sur le territoire russe depuis mercredi de rentrer à leurs bases.

L'inspection-surprise des troupes postées dans l'ouest du pays, notamment près des frontières avec l'Ukraine et la Crimée, devait permettre à l'état-major de s'assurer de l'aptitude au combat d'environ 150 000 soldats.

Le ministre russe de la Défense avait déclaré que l'opération n'avait rien à voir avec les évènements en Ukraine. En conférence de presse, Vladimir Poutine a ajouté que l'entraînement n'avait pas annoncé pour des raisons logistiques.

Depuis la fin de la semaine dernière, Moscou déploie des forces en Crimée, région de l'Ukraine à forte population russophone. Lundi, l'ambassadeur ukrainien aux Nations Unies avait affirmé que 16 000 militaires russes se trouvaient maintenant dans la région.

Des blindés, des navires de guerre et des avions de combat arrivent chaque jour sur le terrain depuis la prise de contrôle de la Crimée par Moscou, samedi dernier, en représailles à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, allié de la Russie, et la prise de pouvoir d'un gouvernement intérimaire plus favorable à l'Occident.

Lundi, le représentant de la Russie aux Nations Unies a révélé que le président déchu Ianoukovitch avait demandé à l'armée russe d'intervenir pour « rétablir la légitimité, la paix, la loi et l'ordre, la stabilité et la protection du peuple d'Ukraine ».

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