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Thaïlande: plainte pour meurtre contre la Première ministre (avocat)

04/03/2014 04:41 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Des proches de deux manifestants tués lors d'affrontements avec la police à Bangkok ont déposé plainte contre la Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, visée depuis quatre mois par un mouvement réclamant sa tête, a indiqué mardi l'un de leurs avocats.

La plainte a été déposée devant la cour criminelle, qui devra décider si les accusations sont suffisantes pour justifier un procès, a expliqué à l'AFP Chaiwat Sittisuksakul, avocat d'une des deux familles.

Six personnes, dont deux policiers, avaient été tuées le 18 février lorsque la police avait tenté de reprendre un site occupé par les protestataires près d'un quartier touristique du centre historique.

Des groupes de défense des droits de l'Homme ont accusé les deux camps d'avoir tiré à balles réelles, ce qu'ils ont tous deux nié.

"La violence n'est pas venue (de la police) et nous sommes prêts à le prouver", a déclaré mardi à l'AFP la porte-parole adjointe du gouvernement Sunisa Lertpakawat.""Nous sommes confiants dans le fait d'avoir suivi toutes les règles et les lois".

Cet épisode a été le plus meurtrier depuis le début de la crise qui a fait 23 morts, dont quatre enfants, et des centaines de blessés.

La plainte vise également le ministre du Travail Chalerm Yubamrung, en charge de l'application de l'état d'urgence à Bangkok, le chef de la police et trois autres responsables, a précisé Chaiwat.

"La cour a prévu un examen préliminaire où nous allons présenter des preuves pour prouver qu'il y a des motifs pour que les accusés soient jugés", a-t-il ajouté.

Les manifestants, qui veulent remplacer le gouvernement par un "conseil du peuple" non élu, reprochent notamment à Yingluck d'être une marionnette de son frère Thaksin, ancien Premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006 et qui reste le personnage central de la politique du royaume malgré son exil.

Alors que la mobilisation s'est réduite et que les attaques à la grenade et fusillades contre leurs campements se sont multipliées ces dernières semaines, les protestataires ont mis un terme ce week-end à leur opération de "paralysie" de Bangkok, se regroupant dans un parc de la capitale.

Depuis le putsch, la Thaïlande est engluée dans un cycle de crises politiques qui font descendre dans la rue tour à tour partisans et ennemis de Thaksin.

La précédente avait fait plus de 90 morts et 1.900 blessés au printemps 2010 lorsque les "chemises rouges" pro-Thaksin avaient occupé le centre de Bangkok pour réclamer la démission du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, avant un assaut de l'armée.

Abhisit et son vice-Premier ministre de l'époque Suthep Thaugsuban, leader du mouvement actuel, sont poursuivis pour meurtre pour ces événements.

Yingluck est menacée de son côté par plusieurs procédures judiciaires, dont une de la commission anticorruption, qui pourrait mener à sa destitution.

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