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Thaïlande: arrestations après le meurtre de trois enfants dans le sud insurrectionnel

04/03/2014 01:10 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Deux paramilitaires ont été arrêtés pour le meurtre de trois enfants musulmans le mois dernier dans le sud insurrectionnel de la Thaïlande, événement qui avait provoqué des représailles contre des bouddhistes, a annoncé la police mardi.

Les trois frères, âgés de trois, cinq, et neuf ans, avaient été abattus début février lors d'une fusillade visant leur famille dans la province de Narathiwat, l'une des trois sous état d'urgence dans l'extrême sud du royaume.

Leur mère enceinte avait été gravement blessée et leur père plus légèrement.

Les deux paramilitaires arrêtés, qui travaillent avec l'armée, ont avoué lundi être les auteurs de cette fusillade, a expliqué le général Pattanawuth Angkanawin, chef de la police provinciale.

"Ils ont reconnu que les meurtres étaient liés à une vengeance", a-t-il ajouté, précisant qu'ils avaient dit viser le père et non les enfants.

L'un des deux suspects tenait le père musulman pour responsable du meurtre de son frère et de sa belle-soeur enceinte en août dernier. Le père avait été arrêté et relâché, faute de preuves.

Un troisième suspect est en fuite.

La mort des petits garçons avait provoqué des représailles de la part d'insurgés présumés pointant du doigt la responsabilité des autorités.

Plusieurs personnes, dont un enfant, un moine et deux femmes bouddhistes avaient été tuées dans des incidents séparés. Leurs corps avaient été incendiés, une note sur place évoquant à chaque fois le meurtre des trois frères.

"Je ne pense pas que la situation va retourner à la normale du jour au lendemain, mais mon travail est de présenter les faits au public pour que la violence prenne fin", a commenté Pattanawuth.

Près de 6.000 personnes, dont des dizaines d'enfants, ont été tuées depuis le début en 2004 de la rébellion séparatiste dans cette région majoritairement musulmane rattachée à la Malaisie jusqu'au début du XXe siècle.

Les insurgés musulmans se rebellent contre ce qu'ils vivent comme une discrimination contre la population d'ethnie malaise et de religion musulmane dans un pays essentiellement bouddhiste.

La majorité des victimes sont des civils, victimes collatérales d'opérations des forces de l'ordre ou pris pour cibles par les insurgés qui visent notamment des musulmans accusés de collaborer.

Des négociations de paix ont débuté il y a un an entre des rebelles et les autorités thaïlandaises, mais elles sont dans l'impasse et n'ont pas fait reculer les violences.

Le "facilitateur" malaisien Ahmad Zamzamin a confirmé récemment la "suspension temporaire" d'un dialogue restant à "un stade embryonnaire".

"Il n'y a pas eu de discussions formelles entre les deux parties (depuis juin) en raison du statut temporaire du gouvernement" de Yingluck Shinawatra, a déclaré vendredi Ahmad Zamzamin lors d'une visite à Pattani.

Contestée par la rue, Yingluck est sur la sellette en raison d'une crise politique de plus de quatre mois, qui bloque plusieurs dossiers, dont le conflit du sud.

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