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sida: des injections d'antirétroviraux protègent des singes durablement

04/03/2014 10:34 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Des injections d'antirétroviraux contre le virus responsable du sida ont totalement protégé pendant plusieurs semaines des singes de l'infection ce qui pourrait ouvrir la voie à une percée pour prévenir la maladie chez des humains, selon deux études américaines dévoilées mardi.

Ces recherches menées par deux équipes différentes de virologues ont toutes deux montré une protection complète chez ces animaux qui ont reçu une injection mensuelle d'antirétroviraux.

Des essais cliniques menées depuis ces dernières années ont montré que des personnes prenant quotidiennement de petites doses d'antirétroviraux peuvent réduire de plus de 90% le risque d'être infectée par un partenaire sexuel séropositif, une approche appelée prophylaxie avant exposition, selon les auteurs de ces recherches présentées à la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) réunie à Boston (Massachusetts, nord-est).

Mais certains de ces essais cliniques ont eu un taux de succès nettement moindre du fait qu'un grand nombre de participants ne prenaient pas leur antirétroviraux quotidiennement. Ainsi une injection mensuelle voire trimestrielle pourrait résoudre ce problème.

Dans une des deux études menées par les Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) les chercheurs ont donné une injection mensuelle d'un antirétroviral expérimental à effet prolongé, rappelé GSK744, à six macaques femelles.

Puis deux fois par semaine, ils ont introduit dans leur vagin un liquide contenant un virus humano-simien de l'immunodéficience pour simuler des rapports sexuels avec un mâle infecté.

Aucune des femelles traitées avec l'anti-rétroviral GSK744 sont devenues séropositives tandis que les six du groupe témoin traitées avec un placebo ont toutes étaient infectées rapidement.

L'autre groupe de chercheurs au Centre de recherche sur le sida Aaron Diamond à l'Université Rockefeller a fait une expérience similaire avec seize macaques utilisant le même antirétroviral GSK744. Mais ils ont infecté l'anus de ces singes avec un virus humano-simien pour simuler des relations sexuelles anales.

Les résultats ont été similaires. Aucun des singes qui ont eu un injection de l'antirétroviral a été infecté tandis que ceux traités avec un placebo ont tous été infectés.

Un premier essai clinique avec 175 personnes devrait commencer plus tard cette année aux Etats-Unis, au Brésil, en Afrique du Sud et au Malawi avec ce même antirétroviral, qui a déjà été approuvé par la Food and Drug Administration, l'Agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques.

Le GSK744 a été développé par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline.

js/ob

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