POLITIQUE

Quand le PQ promettait des élections à date fixe

04/03/2014 01:41 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT
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Pauline Marois, premier of Quebec, speaks during an interview in New York, U.S., on Thursday, Dec. 13, 2012. Marois, premier of Canada's second-most populous province, reiterated her aim to move Quebec toward independence and said it values its relationship with the U.S. Photographer: Scott Eells/Bloomberg via Getty Images

Des élections à date fixe : le Parti québécois s'y était engagé lors de la dernière campagne électorale et il en a fait l'une de ses premières réalisations. Pourtant, Pauline Marois pourrait décider de déclencher des élections dès cette semaine.

Un texte de Guy Gendron Twitter Courriel

Quand il a présenté le projet de loi 3 le 7 novembre 2012, le ministre responsable des institutions démocratiques, Bernard Drainville, a déclaré qu'il visait à « réparer le lien de confiance » entre la population et la classe politique.

L'adoption de règles claires sur la date des scrutins, tous les quatre ans, visait donc à soustraire aux considérations partisanes le moment de déclencher une élection. Ainsi, le gouvernement en place n'allait plus dissoudre l'Assemblée nationale selon « les petits calculs, les petites stratégies, les petites rumeurs » et Pauline Marois acceptait de donner l'exemple.

La loi 3 a été adoptée à l'unanimité le 14 juin 2013 - il y a moins de neuf mois. Selon ce qu'elle stipule, la prochaine élection québécoise devrait avoir lieu le premier lundi d'octobre 2016.

L'héritage de René Lévesque

La Coalition avenir Québec avait appuyé sans réserve l'adoption de la loi sur les élections à date fixe. Aujourd'hui, malmenée dans les récents sondages et voyant que le gouvernement s'apprête à déclencher des élections précipitées, la CAQ dénonce la manœuvre.

« C'est toujours bien les héritiers de René Lévesque qui sont en train de bafouer une loi électorale comme ça. Quel honneur ont-ils ces gens-là, après ça, de se présenter devant le peuple et de dire : "Regardez, nous autres, on vote des lois, mais c'est pas grave, on ne les respecte pas" », critique Gérard Deltell, député de Chauveau pour la CAQ.

Minoritaire ou majoritaire

Le gouvernement Marois rétorque que les partis d'opposition ne lui laissent pas le choix, car ils critiquent le budget que vient de présenter le ministre des Finances, Nicolas Marceau, et qu'ils pourraient donc le renverser.

Pourtant, le PQ était conscient de sa situation de minoritaire en présentant la loi et il promettait de la respecter.

« Des raisons opportunistes »

André Blais, politologue au département de Sciences politiques de l'Université de Montréal et spécialiste des lois électorales, s'était réjoui de l'adoption d'élections à date fixe, devenues la norme un peu partout en Europe, aux États-Unis et maintenant au Canada. Le Québec est la neuvième province à adopter de telles règles, aussi en vigueur à Ottawa. « La décision de déclencher des élections va clairement à l'encontre de l'esprit de cette loi-là », dit-il.

Selon lui, seul un renversement du gouvernement sur le budget aurait pu justifier la convocation d'élections précipitées. Or, considérant la faiblesse relative du Parti libéral et de la CAQ dans les sondages, André Blais estime probable qu'ils auraient trouvé un moyen d'éviter de renverser le gouvernement.

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