NOUVELLES

Netanyahu appelle Abbas à reconnaître Israël comme Etat juif

04/03/2014 10:50 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a de nouveau exhorté mardi le président palestinien Mahmoud Abbas à reconnaître Israël comme un Etat juif, une demande qualifiée de "déclaration unilatérale de fin des négociations" de paix par un dirigeant palestinien.

"Président Abbas, reconnaissez (Israël comme) Etat juif... Vous diriez ainsi aux Palestiniens d'arrêter de fantasmer sur l'idée de submerger Israël avec des réfugiés", a lancé Benjamin Netanyahu, qui s'exprimait à Washington devant l'American Israel Public Affairs Commitee (Aipac), le principal lobby pro-Israël aux Etats-Unis.

"En reconnaissant (Israël comme) Etat juif, vous montreriez clairement que vous êtes vraiment prêts à mettre un terme au conflit", a-t-il poursuivi.

"M. Netanyahu a annoncé qu'il ne voulait pas de solution à la question des réfugiés et une reconnaissance de la judéité de l'Etat d'Israël, ce qui est totalement inacceptable", a déclaré peu après à l'AFP Nabil Chaath, membre du Comité central du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, accusant le Premier ministre israélien de "refuser toutes les règles des négociations".

De son côté, le président palestinien a exigé un gel de la colonisation juive et les libérations de prisonniers supplémentaires pour envisager une prolongation des négociations avec Israël au-delà de l'échéance de fin avril, une position exprimée lundi soir lors d'une rencontre avec la chef du parti d'opposition de gauche israélien Meretz, Zehava Gal-On.

Lors de sa rencontre avec la dirigeante du Meretz, M. Abbas a qualifié de "plaisanterie" l'idée selon laquelle il voudrait inonder Israël de cinq millions de réfugiés palestiniens, selon le communiqué de Mme Gal-On. "Pas un réfugié ne retournera en Israël sans accord israélien. Mais j'attends d'Israël qu'il fixe un quota de réfugiés qu'il acceptera chaque année", a expliqué le président palestinien.

Les pourparlers de paix, qui ont repris en juillet 2013 après quasiment trois ans d'interruption, sont censés déboucher d'ici au 29 avril sur un "accord-cadre" traçant les grandes lignes d'un règlement définitif sur les questions dites de "statut final": les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.

"Si nous faisions la paix avec les Palestiniens, cet accord serait très certainement attaqué par le Hezbollah, le Hamas, al-Qaïda et d'autres", a par ailleurs jugé mardi Benjamin Netanyahu;

Faisant également référence au mouvement de boycott international d'Israël intitulé Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) et présenté comme un mouvement émanant de la société civile palestinienne, Benjamin Netanyahu a évoqué une "mascarade": "Il échouera", a-t-il assuré.

Lundi, lors d'une rencontre à la Maison Blanche, Barack Obama avait appelé le Premier ministre israélien à prendre des décisions "difficiles" pour la paix au Proche-Orient, soulignant que la conclusion d'un accord exigeait des "compromis de tout le monde".

"Je pense qu'il est toujours possible de créer deux Etats, un Etat juif d'Israël et un Etat de Palestine dans lequel les gens vivront côte à côte dans la paix et la sécurité", avait affirmé le président des Etats-Unis.

hmw-bur/mdm/jca

PLUS:hp