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Mauritanie: les auteurs d'une profanation du Coran toujours recherchés

04/03/2014 07:12 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

La Mauritanie recherchait mardi les auteurs présumés d'une profanation du Coran, qui a provoqué à travers le pays de violentes manifestations de colère marquées par un mort et des blessés à Nouakchott, a-t-on appris de source sécuritaire.

Les responsables de cette profanation, perpétrée dimanche soir dans une mosquée de la capitale étaient toujours recherchés, a affirmé mardi à l'AFP une source sécuritaire qui n'a pas donné plus de détails.

Quatre personne non identifiées étaient entrées dans une mosquée du quartier Teyarett (nord-est) où elles ont détruit quatre exemplaires du Coran avant de prendre la fuite, d'après un imam citant des témoins.

L'un des auteurs de la profanation "a pris les quatre exemplaires du Coran qu'il a (déchirés) avant de les jeter dans les toilettes", avait-il dit.

Des manifestations avaient été organisées dimanche soir et lundi à travers le pays, notamment à Nouakchott notamment, où elles ont fait un mort, un étudiant, et des blessés, selon des sources concordantes.

Ces manifestations avaient dégénéré en échauffourées avec les forces de l'ordre, qui ont notamment fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires. La presse locale faisait état mardi d'une trentaine d'arrestations, mais aucun chiffre n'avait pu être obtenu de source policière ou officielle à ce sujet par l'AFP.

Le jeune homme décédé est "mort d'insuffisance respiratoire, donc d'étouffement" suite à l'inhalation de gaz lacrymogènes, a indiqué mardi une équipe de médecins ayant réalisé l'autopsie.

Elle a estimé que les "blessures constatées sur le corps (de l'étudiant) n'étaient pas suffisamment profondes pour provoquer la mort".

La victime a été enterrée tôt mardi matin.

Le porte-parole du gouvernement, le ministre Sidi Mohamed Ould Maham, avait appelé lundi les manifestants à observer plus de "retenue et de modération".

Il a promis "l'application de la charia" (loi islamique) contre les auteurs de cette profanation survenue après un événement semblable à Zouérate (extrême-nord) où début février, un malade mental présumé avait uriné sur un exemplaire du Coran.

L'auteur présumé de cet acte avait ensuite été envoyé à Nouakchott pour des examens psychiatriques.

Auparavant, de nombreux Mauritaniens avaient exprimé leur colère après la publication début janvier d'un article jugé "blasphématoire" contre le prophète Mahomet et dont l'auteur, en jugement à Nouadhibou (nord-ouest), risque la peine de mort.

La charia est en vigueur en République islamique de Mauritanie, mais les condamnations extrêmes comme les peines de mort et de flagellations ne sont plus appliquées depuis les années 1980.

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