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Le procès pour meurtre d'Oscar Pistorius est subitement interrompu

04/03/2014 07:36 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

PRETORIA, Afrique du Sud - La première témoin appelée au procès pour meurtre de l'athlète paralympique sud-africain Oscar Pistorius s'est effondrée en larmes, mardi, et a dit se souvenir des cris de terreur d'une femme qu'elle a entendus le matin où Pistorius a abattu sa petite amie Reeva Steenkamp, l'an dernier.

Michelle Burger n'avait pas perdu son calme pendant deux jours d'un témoignage parfois pénible. Elle a toutefois commencé à pleurer quand elle a raconté le souvenir qu'elle garde du jour de la Saint-Valentin, en 2013.

«Quand je suis sous la douche, je revis ses cris», a-t-elle dit au sujet des hurlements de cette femme, qui ont cessé après que quatre coups de feu aient retenti.

Mme Burger habite à moins de 200 mètres de la maison de Pistorius.

Le deuxième jour du procès avait été subitement interrompu, en début de journée, quand le juge a ordonné une enquête pour déterminer si une station de télévision diffusait la photo de Mme Burger pendant son témoignage — alors que le tribunal a ordonné de protéger l'intimité des témoins qui le demandent.

Vers la fin du témoignage de Mme Burger, le procureur Gerrie Nel l'a questionée au sujet de ses émotions au moment de sa déclaration à la police, concernant ce qu'elle avait entendu.

«C'était très à vif», a-t-elle admis avec un tremblement dans la voix. M. Nel lui a ensuite demandé comment elle se porte maintenant. «Je vais bien, a-t-elle dit. Ça fait un an.»

Le témoignage de Mme Burger au sujet des événements du 14 février 2013 contredit les propos de Pistorius, qui affirme avoir tiré quatre balles dans la porte de la salle de bain en pensant être confronté à un intrus. Mme Steenkamp a été atteinte à la tête, au bras et au côté. Pistorius a enregistré un plaidoyer de non culpabilité.

Le mari de Mme Burger, Charl Johnson, et une autre voisine de Pistorius, Estelle van der Merwe, ont aussi témoigné mardi.

Pendant son contre-interrogatoire de Mme Burger, l'avocat de Pistorius, Barry Roux, a maintenu que l'universitaire faisait erreur concernant les cris entendus, puisque Mme Steenkamp aurait été incapable de crier après avoir été atteinte à la tête. Il a indiqué qu'un expert témoignera, plus tard, qu'elle se serait effondrée tout de suite après avoir été touchée.

«J'ai entendu sa voix après le dernier (coup de feu), a maintenu Mme Berger. Puis elle (la voix) s'est éteinte.»

La juge Thokozile Masipa a semoncé les médias de respecter la décision qui leur interdit de diffuser la photo des témoins qui ont demandé le respect de leur vie privée. Mme Masipa a ensuite déclaré qu'une enquête sera ouverte et que ceci pourrait n'être que la pointe de l'iceberg.

La station de télévision sud-africaine eNCA diffusait mardi, en direct, une version audio du témoignage de Mme Burger, mais en affichant sa photo à l'écran, selon ce qu'a affirmé au tribunal Gerrie Nel. Il affirme que la photo était accompagnée de la vignette: «À la barre des témoins, Michelle Burger, voisine de Pistorius».

M. Nel a ajouté que eNCA avait communiqué avec le tribunal pour obtenir la permission de diffuser cette photo, ce qui lui avait été refusé. La station aurait choisi de la mettre en ondes quand même.

La deuxième journée du procès a été stoppée moins de 30 minutes après le début de l'audience, quand M. Nel a interrompu Barry Roux pour révéler que la photo de la témoin était diffusée à la télévision.

Pistorius est passible de 25 ans de prison s'il est reconnu coupable.

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