NOUVELLES

France: la riche veuve a-t-elle été "suicidée" ?

04/03/2014 07:11 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

La riche veuve avait été retrouvée pendue sur sa luxueuse péniche en 2005 avec son dalmatien pour seul témoin: suicide ou meurtre froidement organisé ? Deux hommes sont jugés depuis mardi en France pour un assassinat qu'ils ont toujours nié.

Dans ce dossier "complexe et digne des meilleurs polars", selon un enquêteur, les jurés de la Cour d'assises de Nanterre, près de Paris, devront trancher. Soit Dominique Aubry, dépressive depuis le décès de son mari quelques mois plus tôt, a mis volontairement fin à ses jours, soit les accusés ont maquillé le crime en suicide afin de capter son fabuleux héritage, estimé à quatorze millions d'euros.

Les faits remontent au 30 novembre 2005. Dominique Aubry, 57 ans, veuve d'un célèbre marchand d'art, dîne avec deux amis, Franck Renard Payen, 42 ans, et Olivier Eustache, 44 ans, sur sa péniche amarrée à Neuilly-sur-Seine, près de Paris. Elle boit beaucoup et les deux hommes la quittent vers 21H30. On la retrouve pendue le lendemain.

Pour l'accusation, la défunte, qui avait consommé beaucoup d'alcool et des médicaments, "n'était pas dans la capacité" de mettre fin à ses jours. Pour la défense, l'envie de mourir était une obsession chez Dominique Aubry depuis la mort de son mari.

La justice a longtemps hésité dans ce dossier. Une ordonnance de non-lieu avait été rendue en 2011, mais le parquet avait fait appel et, en 2012, la chambre de l'instruction avait décidé de renvoyer les deux hommes devant les assises.

Le juge d'instruction, fait rarissime dans les annales judiciaires, avait demandé la venue en 2008 du chien de Dominique Aubry, seul témoin au moment du décès, lors d'une reconstitution. Le dalmatien, confronté aux deux suspects sous le regard de vétérinaires comportementalistes, n'a eu aucune réaction significative en leur présence.

Reste que pour l'accusation le mobile est évident. La veuve avait fait de Franck Renard Payen son légataire universel deux mois avant son décès. Ce dernier était aussi bénéficiaire d'une assurance-vie de 900.000 euros. Olivier Eustache aurait pu bénéficier d'une partie de cette manne financière.

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 21 mars. Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

sde/pmg/bg/alc/nou/jh

PLUS:hp