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Espagne: plus de 1.600 migrants tentent en vain d'entrer à Ceuta

04/03/2014 04:30 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Plus de 1.600 migrants ont tenté en vain, mardi matin, d'entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc, en quatre groupes différents qui ont finalement renoncé face au dispositif policier marocain et espagnol, a annoncé la préfecture de la ville.

La pression migratoire s'est accentuée depuis plusieurs semaines sur Ceuta et Melilla, l'autre enclave espagnole au Maroc, parallèlement à l'assouplissement des consignes données à la Garde civile après un assaut tragique à Ceuta, le 6 février.

Le ministre espagnol de l'Intérieur Jorge Fernandez Diaz attribuait mardi cette nouvelle pression à la polémique provoquée en Espagne par la riposte de la Garde civile ce jour-là, lorsqu'au moins 14 migrants venus d'Afrique subsaharienne étaient morts noyés.

"Les mafias criminelles qui trafiquent avec les êtres humains sont derrière tout ce mouvement", a affirmé Jorge Fernandez Diaz devant la presse. "Elles suivent de près ce qui se passe en Espagne, elles suivent de près le fait que la façon même d'agir de la Garde civile a été remise en cause, (...) qu'il y a des divergences politiques", a-t-il ajouté.

"Elles le prennent comme un signe de faiblesse et se disent "c'est maintenant ou jamais"", a ajouté le ministre.

Selon Jorge Fernandez Diaz, "40.000 personnes attendent au Maroc de pouvoir passer, de façon illégale, en Espagne. Et 40.000 autres à la frontière de la Mauritanie avec le Maroc", a-t-il affirmé, citant des chiffres que lui aurait donnés le ministre marocain de l'Intérieur "récemment".

A l'aube, mardi, environ 1.200 migrants se sont approchés de la frontière de Ceuta: un premier groupe tentant de pénétrer sur le sol espagnol par le poste-frontière de Tarajal, un autre un kilomètre plus loin tandis qu'un troisième groupe rebroussait chemin, selon la préfecture de la ville.

"Aucun n'a réussi à passer", a précisé un porte-parole.

Un peu plus tard, un quatrième groupe, d'environ 450 migrants, a à son tour essayé de passer en force par le poste-frontière, en vain.

"Les forces de sécurité marocaines et la Garde civile espagnole se sont coordonnées pour éviter qu'ils n'entrent", a expliqué le porte-parole.

Lors de l'assaut tragique du 6 février, certains migrants, constatant qu'ils ne pouvaient pas entrer en force à Ceuta par le poste-frontière, avaient contourné un épi qui forme la frontière à cet endroit, s'avançant dans la mer.

Des migrants témoins de la scène, dont les récits ont été relayés par les médias et des défenseurs des droits de l'Homme, ont affirmé que les forces de l'ordre avaient alors fait usage de balles en caoutchouc contre les clandestins.

Depuis, la Garde civile a reçu pour consigne de ne plus utiliser de balles en caoutchouc à Ceuta et Melilla pour repousser les migrants.

Melilla a depuis vécu une succession d'entrées en force de migrants subsahariens franchissant la triple barrière grillagée qui la sépare du Maroc, rappelant la grande vague d'immigration clandestine sur la ville survenue en 2005.

Le 28 février, environ 200 migrants ont réussi à franchir la frontière, le groupe le plus important depuis 2005. Le centre d'accueil du gouvernement espagnol de Melilla, le Ceti, est aujourd'hui débordé, hébergeant environ 1.300 personnes pour 480 places.

Rappelé à l'ordre par l'Union européenne pour l'attitude de ses forces de l'ordre à la frontière, le gouvernement espagnol s'est défendu en affirmant recevoir une aide insuffisante de ses partenaires.

Jorge Fernandez Diaz, lors d'une rencontre lundi à Bruxelles avec la commissaire européenne à l'Intérieur, Cecilia Malmström, s'est dit "contrarié" par ces critiques.

Il a affirmé que l'Espagne avait besoin d'une aide immédiate de 45 millions d'euros pour faire face à la situation d'urgence dans ses deux enclaves, seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe.

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