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Algérie/présidentielle: l'ancien chef du gouvernement Benflis dépose sa candidature

04/03/2014 07:46 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

L'ancien chef de gouvernement algérien Ali Benflis a déposé mardi sa candidature à l'élection présidentielle, devenant le principal challenger d'Abdelaziz Bouteflika, et mis en garde contre des fraudes lors de ce scrutin, selon un journaliste de l'AFP.

M. Benflis, 69 ans, a tenu à se distinguer du président Bouteflika qui était arrivé lundi dans sa voiture blindée au Conseil constitutionnel pour déposer sa candidature, se contentant de saluer la presse d'un geste de la main.

M. Benflis est lui descendu de voiture 150 m avant l'entrée du Conseil constitutionnel, puis a effectué à pied la fin du trajet devant une cinquantaine de partisans qui scandaient "Benflis président" et arboraient son portrait.

"J'ai décidé de participer tout en comprenant les motivations et préoccupations de ceux qui appellent au boycottage ou de ceux qui ont renoncé à prendre une part active dans la vie politique de notre pays parce qu'ils sont révoltés par les attitudes de mépris, d'arrogance, de viol de leur conscience et de confiscation de leur volonté", lit-on dans une déclaration de M. Benflis distribuée à la presse après le dépôt de sa candidature.

"Je suis conscient que cet acte ne représente qu'une étape dans le long processus de l'élection présidentielle du 17 avril et dont la crédibilité ne peut être assurée que par une participation forte et effective et un scrutin transparent et régulier", a-t-il ajouté.

"Ceux qui veulent s'accaparer la volonté du peuple, ceux qui veulent voler les voix du peuple, je les mets en garde", a-t-il déclaré, peu avant d'apposer sa signature sur sa déclaration de candidature, qu'il a ensuite remise au président du Conseil constitutionnel Mourad Medelci.

"Mes partisans m'ont chargé d'interpeller le président du Conseil constitutionnel et de lui transmettre ce message: nous n'accepterons pas que nos voix soient détournées", a ajouté M. Benflis devant M. Medelci.

Il a également appelé le Conseil constitutionnel à garantir "une compétition loyale entre tous les candidats et faire en sorte que l'administration (...) ne confisque pas la volonté du peuple".

M. Benflis était l'homme de confiance du président Bouteflika avant de devenir son principal rival lors de la présidentielle de 2004, pour laquelle il avait déjà dénoncé des fraudes.

L'ancien haut responsable s'est encore dit convaincu que le scrutin pourrait constituer "une première étape pour sortir de la crise qui affecte le pays depuis 25 ans".

Mais, a-t-il répété, il y a des "pratiques (...) sordides et lâches qui font planer le doute sur la crédibilité de l'élection", dans des propos tenus à sa sortie du Conseil constitutionnel.

Les candidats ont jusqu'à mardi minuit pour déposer leur candidature, puis le Conseil Constitutionnel aura dix jours pour annoncer les candidats retenus.

Mardi en fin de journée, seuls six avaient fait acte de candidature.

Des personnalités ont annoncé qu'elles renonçaient, comme le général à la retraite Mohand Tahar Yala, pour dénoncer d'éventuelles fraudes.

Après un AVC le 27 avril 2013 qui l'a maintenu hospitalisé à Paris durant 80 jours, la capacité à continuer à diriger le pays de M. Bouteflika, 77 ans et 15 au pouvoir, a suscité nombre d'interrogations.

Des manifestations à travers le pays ont dénoncé la perspective d'un quatrième mandat du président, et un mouvement baptisé Barakat ("Ca suffit") dédié à la lutte contre cette candidature a vu le jour.

La campagne officielle s'ouvrira le 23 mars.

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