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Afrique du Sud/grève du platine: petite concession syndicale, refus patronal

04/03/2014 01:05 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Le syndicat radical Amcu, qui mène une grève depuis près de six semaines dans les principales mines de platine sud-africaines, a proposé mardi d'étaler sur trois ans la hausse des salaires demandée, ce que le patronat a refusé.

Amcu réclame depuis le début du mouvement une revalorisation du salaire de base à 12.500 rands (840 euros).

En proposant d'étaler la hausse de salaire sur trois ans, "nous ne réduisons pas exactement nos exigences, notre geste est destiné à donner un répit aux employeurs", a déclaré le président d'Amcu, Joseph Mathunjwa, lors d'une conférence de presse à Johannesburg.

Il s'agit de la première concession du syndicat, qui n'avait pas bougé depuis le début de cette grève concernant 80.000 mineurs, le 23 janvier.

Mais les trois principales multinationales du platine touchées par le mouvement, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin, ont rejeté la proposition syndicale, estimant qu'elle était toujours irréaliste.

La nouvelle proposition "correspond à une hausse annuelle moyenne (des salaires) de 30 à 40% d'une année sur l'autre et reste trop onéreuse", ont déclaré les sociétés dans un communiqué.

"Notre offre, présentée le 29 janvier et qui commence par une hausse de 9% des salaires les plus bas, se situe déjà considérablement au-dessus du taux d'inflation", ajoutent les multinationales, dont la production a été stoppée par la grève.

Un salaire de base de 12.500 rands correspondrait à une multiplication par deux ou trois des salaires actuels versés par Amplats, Implats et Lonmin, qui ont proposé 7 à 9% de revalorisation annuelle sur trois ans.

Selon eux, une grève prolongée "aura pour conséquences plus de pertes, d'autres restructurations stratégiques et, inévitablement, (...) aura un impact négatif sur l'emploi et sur l'économie en général".

Amcu doit manifester jeudi devant la présidence à Pretoria et présenter un mémorandum de revendications au président sud-africain Jacob Zuma, aux ministres des Mines et du Travail, et aux trois groupes. "Le gouvernement n'aide pas à résoudre le problème", a déploré M. Mathunja.

Le mouvement a été bien moins violent que la vague de grèves sauvages qui avaient secoué les mines sud-africaines en 2012, lorsque la police avait notamment tué 34 mineurs de Lonmin, le 16 août 2012. Mais il a néanmoins fait un mort le 7 février, un permanent d'Amcu tué dans des heurts avec la police près d'une mine d'Amplats.

Entre autres incidents, le NUM, ancien syndicat majoritaire détrôné par Amcu dans le platine, a indiqué lundi que l'un de ses membres non gréviste avait été attaqué et blessé en se rendant au travail près d'une mine d'Amplats du nord du pays.

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