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L'Université d'Ottawa suspend son équipe de hockey masculin pour une affaire d'agression sexuelle

03/03/2014 03:26 EST | Actualisé 03/03/2014 04:51 EST
Richard A. Whittaker/Radio-Canada

Le Service des enquêtes criminelles de la police de Thunder Bay a confirmé lundi après-midi avoir ouvert une enquête concernant une agression sexuelle qui se serait produite la fin de semaine du 1er février et qui impliquerait des hockeyeurs des Gee Gee's.

Les autorités confirment qu'elles n'ont été mises au courant de l'incident que le 27 février. Les faits se seraient produits alors que l'équipe de hockey de l'Université d'Ottawa était à Thunder Bay pour une rencontre dans le cadre de la ligue des Sports Universitaires de l'Ontario.

Les Gee Gee's de l'Université d'Ottawa y ont affronté lesThunderwolves de l'Université Lakehead, le 31 janvier et le 1er février dernier.

L'Université d'Ottawa a décidé lundi matin de suspendre son programme de hockey interuniversitaire masculin à cause des ces allégations qu'elle qualifie « d'inconduite grave ».

Des faits pris au sérieux

Dans un communiqué de presse publié lundi matin, l'institution a expliqué que la haute direction du Service des sports de l'Université avait été informée le lundi 24 février que certains membres de l'équipe de hockey masculin étaient impliqués dans un incident.

Dès le 25 février, la police a été mise au courant par l'Université de ce qui s'était produit. Les dirigeants de cette dernière ont assuré aux autorités leur entière collaboration tout au long du processus d'enquête.

« L'Université a des attentes élevées à l'égard de ces étudiants et de ses employés. L'inconduite présumée ne correspond aucunement aux valeurs qui sous-tendent la pratique du sport et la vie étudiante sur notre campus », a expliqué le porte-parole de l'Institution, Patrick Charette, lors d'une conférence de presse.

« L'incident a eu lieu il y a plusieurs semaines. L'Université est profondément préoccupée de constater que la haute direction a seulement été mise au courant de ces allégations le 24 février et, qui plus est, par une tierce partie. » — L'Université d'Ottawa, dans un communiqué de presse

Les policiers d'Ottawa et de Thunder Bay collaborent dans cette enquête et discutent actuellement avec les parties concernées. L'Université et les autorités refusent cependant de donner plus de détails sur cette affaire ou de communiquer l'identité des personnes qui seraient impliquées.

Parallèlement à l'enquête des policiers, l'Université a entrepris un examen interne, notamment pour comprendre pourquoi elle a été mise au courant de l'incident longtemps après qu'il se fut produit.

Un contexte sensible

Cette affaire intervient quelques jours après que la présidente de la Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa (FEUO), Anne-Marie Roy, eut dénoncé une séance de clavardage où quatre de ses collègues ont tenu des propos sexistes et dégradants à son endroit.

Dans cette conversation privée sur Facebook, qui a été rendue publique sur un blogue, les jeunes hommes mis en cause tiennent des propos à connotation violente envers Mlle Roy et ils font référence à des actes sexuels pour punir cette dernière.

« Ça devient de plus en plus banal on dirait, alors qu'il y a un retour de ces forces machistes, misogynes. » — Diane Pacom, professeure en sociologie à l'Université d'Ottawa

« Je suis peinée et choquée mais pas surprise. Quelque part, il y a quelque chose qui se développe dans la société contemporaine, surtout chez les jeunes, qui m'affole. On a l'impression que c'est tout ce qui avait été acquis depuis 30 à 40 ans, depuis que les femmes ont commencé à réclamer leurs droits, qui est en train de s'estomper », déplore la professeure en sociologie à l'Université d'Ottawa, Diane Pacom.