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"Une attaque de Boko Haram" fait 29 morts dans le nord-est du Nigeria (sénateur)

03/03/2014 09:48 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Des hommes armés soupçonnés d'appartenir au groupe islamiste Boko Haram ont tué dimanche soir 29 personnes durant l'attaque de la localité de Mafa, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé lundi un sénateur local.

Ce bain de sang est à nouveau survenu dans l'Etat de Borno, un bastion de Boko Haram, au lendemain de trois attaques sanglantes dans la même région qui avaient fait au moins 74 morts.

Les insurgés avaient diffusé plus tôt dans la semaine des tracts dans lesquels ils prévenaient d'une attaque imminente, une tactique déjà utilisée précédemment par les extrémistes, a déclaré le sénateur de l'Etat, Ahmed Zanna.

Après ces menaces, plusieurs personnes ont fui, les écoles ont été fermées et des renforts militaires envoyés vers la localité de Mafa, située à quelque 45 kilomètres au nord-est de la capitale de l'Etat, Maiduguri.

Mais lorsque l'attaque a commencé, "les soldats ont fui car ils étaient dépassés en termes de puissance de feu et d'effectifs par les hommes armés", a expliqué le sénateur.

Selon M. Zanna, "29 personnes ont été enterrées après l'attaque de Boko Haram".

Le commissaire de police Lawal Tanko a confirmé l'attaque, ajoutant que des policiers avaient été envoyés à Mafa pour évaluer les dégâts.

Selon un habitant de Mafa qui a demandé à garder l'anonymat, les assaillants étaient munis d'explosifs, de lance-roquettes et d'armes plus légères.

Ils ont détruit plusieurs maisons et le bilan de l'attaque pourrait s'alourdir, a ajouté cet habitant. "Des maisons sont toujours en train de se consumer et nous avons l'intention de fouiller les décombres pour chercher d'autres corps", a-t-il dit.

L'insurrection de Boko Haram, qui veut créer un Etat islamique dans le nord du Nigeria, et les opérations de l'armée nigériane contre les islamistes ont fait des milliers de morts depuis 2009.

Plus de 330 personnes ont déjà perdu la vie depuis le début de l'année, un bilan quasiment sans précédent en deux mois depuis le début du conflit il y a quatre ans et demi.

Samedi, 35 personnes avaient péri lorsque deux bombes avaient explosé dans un quartier densément peuplé de Maiduguri. A peine une heure plus tard, 39 autres Nigérians avaient été tués lorsque des hommes armés avaient ouvert le feu dans un village proche avec des mitraillettes et des explosifs.

Depuis mai 2013, l'armée nigériane mène une vaste offensive dans le Nord pour tenter de contenir Boko Haram. Mais l'opinion publique s'indigne de plus de plus de la capacité des islamistes à frapper où et quand ils veulent en toute impunité.

Beaucoup pensent que l'offensive militaire a accru la violence, les islamistes lançant, en représailles, des séries d'attaques contre des civils sans défense.

Boko Haram mène "une mission de vengeance" , a estimé l'habitant de Mafa, en soulignant que beaucoup de ses voisins sont toujours en brousse, redoutant une nouvelle attaque contre la ville.

Les craintes d'une crise humanitaire s'accroissent en raison du nombre de personnes qui ont fui leurs maisons dans le Nord-est.

Les Nations unies ont annoncé jeudi que 290.000 personnes ont fui leurs foyers dans cette région de mai 2013 au 1er janvier 2014, en raison des violences commises par Boko Haram.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a assuré à plusieurs reprises que la stratégie militaire contre les insurgés islamistes était efficace et

que Boko Haram serait bientôt battu.

Selon des analystes et des diplomates occidentaux, l'amélioration de la situation économique dans le Nord, très touché par la pauvreté, est le seul moyen de mettre un terme définitif au conflit.

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