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Ukraine: très fort recul des valeurs européennes exposées en Russie

03/03/2014 04:51 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Les valeurs européennes les plus présentes en Russie chutaient lundi matin sur les marchés, en raison des craintes quant à une possible aggravation de la situation politique et militaire en Ukraine qui pourrait peser sur l'économie russe.

Vers 10H00 (09H00 GMT), Société Générale (-4,72% à 46,09 euros) et Renault (-4,10% à 69,25 euros) étaient les deux plus fortes baisses de l'indice CAC 40 à Paris. Carlsberg, brasseur très implanté en Russie, perdait 4,29% à la Bourse de Copenhague. A Francfort, le distributeur Metro lâchait 4,61%, tandis qu'à Vienne, la banque Raiffeisen lâchait 8,12% et le constructeur en bâtiment Strabag 4,23%.

Au contraire, les groupes pétroliers, même implantés en Russie résistaient, soutenus par la hausse des prix du pétrole. Total lâchait 0,21%.

"L'exposition russe est forcément dans l'esprit des investisseurs. C'est un facteur qui amplifie le mouvement pour certaines valeurs", résume Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

La situation "évolue d'heure en heure et est critique", observe Chris Weston, analyste chez IG. "Le marché veut savoir dans quelles mesure l'Ouest va imposer des sanctions économiques à la Russie en cas de violence", selon lui.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a très clairement affirmé dimanche que Moscou risque l'"isolement économique" et des "sanctions" internationales, s'il ne retire pas ses troupes de Crimée, évoquant aussi le gel d'avoir russes, le retrait des investisseurs américains et des chutes supplémentaires du rouble.

C'est la raison pour laquelle les titres des groupes présents en Russie étaient pénalisés, même si la réaction "est pour l'instant davantage épidermique", dans l'attente d'en savoir plus sur l'évolution de la situation, observe le courtier Aurel BGC.

"Ce qui aggrave un peu les choses c'est que la Russie vient de monter ses taux d'intérêt. Cela pourrait faire ralentir l'économie qui n'est déjà pas en très bonne forme en Russie", remarque-t-il.

La Banque centrale russe a annoncé lundi matin une hausse inattendue de son taux directeur à 7%, contre 5,5% auparavant, en raison de l'apparition de "risques pour l'inflation et la stabilité financière".

Enfin, M. Murail rappelle que la baisse "est à mettre en parallèle avec les niveaux records atteints par plusieurs valeurs ces derniers jours".

Les marchés, notamment la Bourse de Paris, ont nettement progressé en février, ce qui a permis à certains titres d'atteindre des niveaux très élevés.

La crise en Ukraine, au-delà de ces conséquences, sert donc de prétexte aux investisseurs pour prendre quelques bénéfices sur ces actions.

jbo/abx/fz/jh

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