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Ukraine: Lavrov dénonce les menaces de "sanctions" et de "boycottage"

03/03/2014 05:33 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dénoncé lundi à Genève les menaces de "sanctions" et de "boycottage" suite à l'action de la Russie en Ukraine, les Occidentaux envisageant notamment de priver Moscou de son siège au G8.

"Ceux qui essaient d'interpréter la situation comme une agression et menacent de sanctions et de boycottage sont les mêmes qui ont systématiquement encouragé le déni du dialogue et ont finalement encouragé la polarisation de la communauté ukrainienne", a déclaré M. Lavrov lors de l'ouverture de la principale session annuelle du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à Genève.

Il s'est ensuite entretenu, séparément, avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ainsi qu'avec le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le président suisse Didier Burkhalter.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, Ban Ki-moon a appelé à garantir "l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale" de l'Ukraine et exhorté la Russie à "s'abstenir de tout acte qui pourrait mener à une nouvelle escalade".

Il a également appelé à un "dialogue immédiat" entre les parties.

"Pour ce qui concerne M. Lavrov je peux simplement vous dire que nous avons discuté les éléments de modalité d'un éventuel groupe de contact mais il y a encore du travail", a déclaré pour sa part M. Burkhalter. Un peu plus tôt, le président de l'OSCE a indiqué, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, vouloir envoyer une mission en Ukraine pour enquêter sur les événements dans le pays.

Le ministre russe des Affaires étrangères a pour sa part une nouvelle fois accusé le nouveau gouvernement ukrainien de vouloir s'en prendre aux minorités et a défendu la création de groupes d'auto-défense pour "protéger les populations" russes et russophones.

- Aucune discrimination à l'égard des minorités -

"Les radicaux continuent de contrôler les villes. Au lieu de ce qui a été promis, on a créé un gouvernement des vainqueurs, une décision a été prise dans la Rada (ndlr: le Parlement ukrainien) pour diminuer les droits des minorités linguistiques", a déclaré M. Lavrov.

"Il a été dit qu'il faut punir la langue russe, les vainqueurs ont l'intention d'utiliser les fruits de leurs victoires pour s'attaquer aux droits de l'Homme", a-t-il ajouté.

"Les ultranationalistes mettent en péril la vie et les intérêts régionaux des Russes et des populations qui parlent russe. C'est pour cette raison que des groupes d'auto-défense ont été créées", a expliqué M. Lavrov.

Face à cette "situation extraordinaire", le président russe Vladimir Poutine a défendu "l'utilisation de forces armées de Russie en Ukraine jusqu'à ce que la situation soit stabilisée", a souligné le ministre russe.

"Il s'agit de défendre nos citoyens et nos compatriotes, et de garantir les droits de l'Homme et le droit à la vie", a-t-il insisté.

De son côté, l'ambassadeur ukrainien auprès de l'ONU à Genève Yuri Klimenko a estimé qu'il n'y avait "aucune discrimination" en Ukraine à l'égard des minorités, soulignant qu'il s'agissait d'un "prétexte" pour justifier "l'agression" russe.

"Nous demandons à la Fédération russe de mettre fin à son intervention militaire", a-t-il dit.

Entre menaces d'isolement et main tendue, l'Occident cherchait lundi une solution diplomatique avec la Russie, accusée par l'Ukraine d'avoir choisi la guerre, alors que sur le terrain des commandos armés pro-russes ont pris de fait le contrôle de la Crimée.

M. Lavrov a de son côté appelé les pays occidentaux, qu'il n'a pas nommés, "à faire preuve de responsabilité, à mettre de côté les calculs politiques et à placer par dessus tout les intérêts du peuple ukrainien".

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