INTERNATIONAL

Ukraine: Moscou annonce un accord avec Pékin

03/03/2014 07:09 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT
John Stillwell/PA Wire
British-based Ukrainians gather outside the Russian Embassy in London to protest against the build-up of troops in the Crimea region.

Les chefs de la diplomatie russe et chinoise ont constaté lundi leur concordance de vues sur l'Ukraine, a assuré Moscou, mais Pékin --habituellement pourfendeur de toute ingérence dans un pays tiers-- a réaffirmé "s'en tenir à ses principes".

Sergueï Lavrov et Wang Yi ont souligné "la large concordance de vues de la Russie et de la Chine sur la situation dans ce pays et autour", selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

"Les ministres sont convenus de poursuivre leurs contacts étroits sur ce thème", a-t-il ajouté.

La Russie et la Chine sont déjà des alliés sur plusieurs dossiers diplomatiques face aux Occidentaux, tels que la Syrie. Les deux pays ont ainsi bloqué plusieurs projets de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant le président Bachar al-Assad.

Mais Pékin, de façon beaucoup plus vague, s'est contenté d'indiquer que MM. Lavrov et Wang Yi avaient "échangé en détail leurs vues sur le sujet" et s'étaient accordés sur le simple fait qu'un "règlement convenable" de la situation était "important" pour la stabilité régionale.

De fait, le ministère chinois a diffusé lundi sur son site internet un communiqué avertissant que "la Chine a depuis longtemps défendu le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures" d'un pays donné et qu'elle "respecte l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

Tout en ajoutant aussitôt: "Il y a des raisons pour lesquelles l'Ukraine est dans la situation où elle se trouve aujourd'hui".

Qin Gang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, faisait preuve de la même circonspection: la Chine "a toujours soutenu les principes de la diplomatie" mais "prend aussi en compte l'histoire et les complexités du problème ukrainien", a-t-il souligné lors d'un point-presse régulier.

Selon Niu Jun, professeur en géopolitique à l'Université de Pékin, la Chine veut poursuivre sa relation privilégiée avec la Russie mais elle s'inquiète vivement du principe même d'une intervention étrangère --notamment en raison de revendications séparatistes qu'elle connaît elle-même dans la région occidentale du Xinjiang.

"C'est pourquoi Pékin en vient à faire des déclarations que personne ne peut comprendre clairement", a-t-il souligné.

"Comme ils veulent aussi ne pas laisser tomber la Russie, ils en viennent à trouver des excuses (à Moscou), comme les liens historiques avec la Crimée ou la situation intérieure ukrainienne", a indiqué M. Niu.

Après le feu vert du Parlement russe ce week-end à une intervention militaire en Ukraine, les Occidentaux ont fait bloc contre Moscou.

Les dirigeants de sept pays membres du G8 - le huitième pays membre étant la Russie - ont annoncé dimanche la suspension de leurs préparatifs en vue du sommet du groupe à Sotchi (Russie) en juin.

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