NOUVELLES

Ukraine: Biden appelle Medvedev, exige un repli des forces russes

03/03/2014 11:35 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Vice President Biden speaks at the Association of State Democratic Chairs Meeting in Washington, Thursday, Feb. 27, 2014. (AP Photo/Susan Walsh)

Le vice-président des Etats-Unis Joe Biden a appelé lundi Moscou à un repli de ses forces en Ukraine, lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, selon la Maison Blanche.

M. Biden a été en pointe dans la gestion de la crise ukrainienne à la Maison Blanche, contactant le Premier ministre de transition Arseni Iatseniouk la semaine dernière après de nombreuses discussions en février avec le président Viktor Ianoukovitch, destitué depuis par le Parlement à Kiev.

Lors de l'appel à M. Medvedev, deux jours après une conversation entre le président Barack Obama et son homologue Vladimir Poutine, M. Biden a "pressé la Russie de replier ses forces, de soutenir le déploiement d'observateurs internationaux en Ukraine et d'entamer un dialogue politique concret avec le gouvernement ukrainien", selon l'exécutif américain.

Troisième réunion du Conseil de sécurité lundi après-midi

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira une nouvelle fois lundi après-midi à New York, a annoncé la présidence luxembourgeoise du Conseil.

Cette réunion publique a été convoquée pour 15H30 (20H30 GMT) à la demande de la Russie, ont indiqué des diplomates.

Il s'agira de la troisième réunion d'urgence du Conseil en quatre jours sur ce dossier.

Samedi, une réunion des ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil s'était soldée par un constat de désaccord entre Occidentaux et Russes, Washington et Londres mettant Moscou en demeure de retirer ses renforts militaires en Crimée.

La réunion de samedi avait aussi donné lieu à deux heures de bras de fer sur la procédure, Moscou refusant que des consultations se transforment en séance publique et s'opposant à la présence du représentant ukrainien à l'ONU.

Selon un diplomate du Conseil, la Russie "a été prise de court samedi et veut donner sa lecture des événements, d'autant que les chosent se gâtent sur le terrain".

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a vivement dénoncé lundi à Genève les menaces de "sanctions" et de "boycottage" suite à l'action de la Russie en Ukraine, les Occidentaux envisageant notamment de priver Moscou de son siège au G8.

M. Lavrov a une nouvelle fois accusé le nouveau gouvernement ukrainien de vouloir s'en prendre aux minorités et a défendu la création de groupes d'auto-défense pour "protéger les populations" russes et russophones.

Selon les gardes-frontières ukrainiens, des militaires russes continuent de débarquer massivement en Crimée, en violation des accords internationaux.

Le parlement russe a donné samedi le feu vert aux forces armées russes pour intervenir en Ukraine.

Le président de la Douma contre une intervention... pour le moment

Le président de la chambre basse du Parlement russe (Douma), Sergueï Narychkine, a estimé lundi qu'une intervention de l'armée russe en Ukraine n'était "pas nécessaire pour le moment".

"La décision prise par le Conseil de la Fédération (sénat russe, ndlr) nous donne ce droit, et nous pouvons l'utiliser si nécessaire, mais ce n'est pas nécessaire pour le moment", a déclaré M. Narychkine à la chaîne de télévision publique Russie 24.

Interrogé par un journaliste lui demandant s'il y avait une possibilité de trouver une solution à la situation en Ukraine par un dialogue politique, le président de la Douma a répondu "évidemment".

"Je ne veux même pas, comme mes collègues, prononcer le mot +guerre+", a-t-il ajouté.

A la demande du président Vladimir Poutine, les deux chambres du Parlement russe avaient donné leur feu vert samedi pour une intervention militaire en Ukraine, "jusqu'à la normalisation de la situation politique dans ce pays" où de nouvelles autorités pro-occidentales ont été portées au pouvoir après trois mois de manifestations contre le régime du président pro-russe déchu Viktor Ianoukovitch.

Le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov, avait indiqué le même jour que le chef de l'Etat n'avait pas encore pris de décision après avoir obtenu le feu vert des deux assemblées, comme l'exige la Constitution.

Lundi, des commandos armés pro-russes ont pris de fait le contrôle de la Crimée, péninsule ukrainienne à majorité russophone, la plus farouchement opposée aux nouvelles autorités de Kiev.

INOLTRE SU HUFFPOST

Kiev à feu et à sang: les manifs de février 2014