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Pistorius devant la justice, un témoin raconte avoir entendu les cris d'une femme "à glacer le sang"

03/03/2014 08:36 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Le procès du champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius, accusé de l'assassinat de sa petite amie Reeva Steenkamp en février 2013, s'est ouvert lundi à Pretoria avec le témoignage d'une voisine qui dit avoir entendu des "cris à glacer le sang" d'une femme au moment du drame.

Dès l'ouverture de l'audience devant un tribunal de Pretoria, le héros des jeux Olympiques de Londres, double amputé qui s'était aligné avec les valides sur 400 mètres, avait plaidé "non coupable", après que le procureur Gerrie Nel l'eut accusé d'avoir "tué illégalement et intentionnellement" sa compagne.

Si la préméditation est reconnue, Pistorius risque une peine incompressible de vingt-cinq ans de prison.

Premier témoin appelé à la barre, Michelle Burger, une universitaire dont la chambre à coucher se trouve à précisément 177 m de chez Pistorius, a raconté ce qu'elle a entendu au matin de la sanglante Saint-Valentin.

"Juste après trois heures (du matin), j'ai été réveillée par de terribles cris d'une femme. (...) Elle appelait au secours", a-t-elle témoigné. "J'ai entendu de nouveau des cris. C'était pire qu'avant. Elle était très effrayée. (...) J'ai su que quelque chose de terrible allait arriver."

Elle dit ensuite avoir entendu quatre coups de feu. Ce qui correspond au nombre de coups de feu tirés par Oscar Pistorius sur son amie à travers la porte fermée de ses toilettes.

"Il y a eu une pause plus longue entre le premier coup de feu et le deuxième, qu'entre le deuxième et les troisième et quatrième", a encore témoigné Mme Burger, qui dit avoir ultérieurement entendu un homme appeler à l'aide.

La voisine a ensuite été soumise à un vigoureux contre-interrogatoire de l'avocat Barry Roux, ténor du barreau engagé par l'athlète, qui a mis son témoignage en doute, insistant lourdement pour savoir pourquoi elle était aussi certaine d'avoir entendu quatre coups de feu, alors que son mari --qui sera entendu ultérieurement-- en aurait entendu quatre, cinq, ou peut-être six.

"Les événements de cette soirée ont été extrêmement traumatisants pour moi. La peur dans la voix de cette femme est difficile à décrire à la cour. (...) J'ai entendu la terreur dans la voix de cette femme", a insisté Michelle Burger, parlant de "cris à glacer le sang".

Des hurlements "pétrifiants"

"J'étais persuadée qu'il y avait une attaque dans la maison par des cambrioleurs, il n'y avait pas de doute dans mon esprit à cause de la peur dans cette voix de femme (...) ces cris, ces hurlements, étaient pétrifiants, avant les tirs."

Oscar Pistorius affirme que c'est parce qu'il croyait à l'intrusion d'un cambrioleur dans sa luxueuse maison de la banlieue de Pretoria --située dans un lotissement fortifié-- qu'il a saisi son arme pour tirer sur la porte des toilettes, pris de panique. C'est Reeva Steenkamp, un mannequin de 29 ans, qui s'y trouvait.

"Je crois que l'accusation n'a aucune base pour prétendre que j'ai voulu tuer Reeva", a affirmé le sportif dans une déposition liminaire lue par son avocat Kenny Oldwage.

"Bien que j'admette avoir infligé les tirs mortels à Reeva, il s'agit d'un accident. (...) Je croyais que Reeva était toujours au lit", a-t-il ajouté.

La défense a également rappelé lundi que l'enquête avait bien mal commencé, la police ayant pris fort peu de précautions en arrivant sur place. "Les lieux du crime ont été contaminés, dérangés et manipulés", a martelé Kenny Oldwage.

Le procureur Gerrie Nel est cependant persuadé que ce crime sans témoins a été prémédité: "L'accusé a tiré sur la victime avec l'intention de tuer", a-t-il insisté.

Alors que le Parquet évoque de violentes disputes entre les deux jeunes gens, Oscar Pistorius a répété lundi que sa relation avec Reeva Steenkamp était sans nuages.

Jusqu'à la fin du procès le 20 mars, les experts, balistiques, médicaux et scientifiques devraient avoir la part belle. Ils devront notamment faire parler les téléphones portables des deux protagonistes.

Des centaines de journalistes, sud-africains et étrangers, sont présents à Pretoria pour couvrir les audiences, qui sont en grande partie retransmises en direct à la télévision. Un bouquet satellitaire a même crée une chaîne spéciale dédiée à l'événement.

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