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Ours d'or, Oscar: le court métrage français affiche une belle santé

03/03/2014 11:02 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Fiction ou animation, le court métrage français brille: après l'Ours d'or à Berlin, un autre court a raflé dimanche soir un Oscar, une réussite due à une aide qui défend la créativité, selon des professionnels interrogés par l'AFP.

Dimanche soir, l'Oscar du court métrage d'animation est allé à "Mr. Hublot" du Français Laurent Witz et du Luxembourgeois Alexandre Espigares.

Un autre court français, couronné vendredi soir aux Césars (les Oscars du cinéma français), était en lice dans la catégorie fiction, "Avant Que De Tout Perdre" de Xavier Legrand et Alexandre Gavras. En 2013, il avait tout raflé au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand (centre), la référence du genre: le grand prix du public, le prix de la jeunesse, le prix de la presse Télérama et le prix du public.

Mi-février, c'est un court métrage réalisé par Caroline Poggi et Jonathan Vinel, "Tant qu'il y aura des fusils à pompe", qui a raflé la plus haute récompense à la 64e Berlinale.

L'Ours d'argent était allé à un autre français vivant en Allemagne, Guillaume Cailleau (France) pour "Laborat".

Alors 2014, année magique pour le court métrage français?

La présidente du Centre national du cinéma (CNC), Frédérique Bredin, voit dans ces récompenses "la vitalité et la créativité" du cinéma français, sa "formidable capacité de renouvellement, qui passe notamment par le court-métrage" ou encore "la reconnaissance des savoir-faire des professionnels français".

- Une liberté beaucoup plus grande -

Pour Jérôme Ters, délégué général du Festival de Clermont-Ferrand interrogé par l'AFP, une première explication se trouve effectivement dans "le système d'aide et de financement en place en France, a contrario d'autres pays" (aides du CNC, des collectivités etc).

Une deuxième tient au fait que "les recettes ne sont pas un enjeu dans le court métrage par rapport au long", de même que le court "n'est pas assujetti au couperet de la distribution en salles": d'où une "part de liberté beaucoup plus grande".

Concernant M. Hublot, c'est encore une fois l'animation française qui est saluée alors que le succès planétaire américain "Moi, moche et méchant 2" a été entièrement réalisée en France par le studio Mac Guff.

Caroline Poggi et Jonathan Vinel ("Tant qu'il il aura des fusils à pompe") ont pu faire leur film grâce au Groupe de recherches et d'essais cinématographiques (Grec), organisme créé en 1969 par le réalisateur et ethnologue Jean Rouch.

Le Grec, par lequel sont passés Xavier Beauvois ("Des hommes et des dieux") ou Alain Guiraudie ("L'inconnu du lac"), se veut une "alternative pour les gens qui ne passent pas par les guichets habituels du CNC", explique à l'AFP sa déléguée générale Anne Luthaud.

Des collèges de producteurs, réalisateurs et techniciens choisissent chaque année 15 à 17 projets de courts particulièrement "innovants et audacieux". "Chacun reçoit une bourse de 18.500 euros, grâce au CNC", précise-t-elle.

Chaque projet est suivi par des producteurs "tuteurs", du devis au tournage et au montage etc. A charge pour les cinéastes de trouver d'autres financements comme par exemple la région Midi-Pyrénées pour le film présenté en compétition à Berlin.

Bien sûr avoir un prix met un coup de projecteur: "+Tant qu'il y aura des fusils à pompe+ est réclamé par les festivals et une télévision a montré des marques d'intérêts", relève Mme Luthaud.

Les deux jeunes auteurs du court ont commencé à écrire leur prochain opus, un moyen métrage. Les deux lauréats de l'Oscar travaillent eux sur une idée de long métrage et de série télévisée.

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