NOUVELLES

Osisko règle sa poursuite contre Goldcorp, qui prolonge son offre

03/03/2014 12:14 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Corporation minière Osisko conteste toujours l'offre hostile de Goldcorp, mais elle estime avoir gagné du temps en concluant un règlement à l'amiable avec sa concurrente pour éviter d'en découdre avec elle devant la Cour supérieure du Québec.

L'entente, annoncée lundi, porte sur des questions d'accès à l'information. Elle fera en sorte de prolonger jusqu'au 15 avril, plutôt qu'au 10 mars, l'offre de Goldcorp, toujours jugée insuffisante par la minière québécoise.

«Cela nous permet aussi de rechercher une proposition qui augmentera la valeur de l'offre actuellement sur la table», a expliqué le chef de la direction financière d'Osisko, Bryan Coates, au cours d'un entretien.

Ce dernier, qui assure que le conseil d'administration d'Osisko ne s'est pas résigné à ce que la minière québécoise soit vendue, n'a pas voulu fournir de détails quant à la possibilité que d'autres acheteurs potentiels se manifestent.

«Les actionnaires vont choisir, a simplement laissé tomber M. Coates. Notre travail, c'est de s'assurer qu'ils aient le choix.»

En février, Osisko (TSX:OSK) s'était adressée au tribunal pour interdire à Goldcorp (TSX:G) la poursuite de son offre hostile, évaluée à 2,6 milliards $, affirmant que le géant aurifère canadien avait fait un usage inapproprié de renseignements confidentiels.

En vertu de l'entente, Osisko s'est également engagée à renoncer à son régime de droits des actionnaires au plus tard le 14 avril, alors que Goldcorp consent à ne pas accepter les titres des actionnaires d'Osisko avant le 15 avril.

«Cette entente évitera la possibilité de délais additionnels quant à notre offre qui pourraient résulter d'appels découlant du litige en cours et de l'application du régime de droits des actionnaires», a pour sa part souligné le président et chef de la direction de Goldcorp, Chuck Jeannes.

Osisko a également accepté de fournir à Goldcorp un accès à ses documents de vérification au préalable à compter du 1er avril, ou plus tôt si Osisko s'entend avec un autre acheteur.

Particulièrement intéressée au gisement d'Osisko à Malartic, en Abitibi-Témiscamingue, dont les réserves d'or sont évaluées à 10 millions d'onces, Goldcorp a tenté de mettre la main sur l'entreprise québécoise à trois reprises dans le passé.

Le géant aurifère de la Colombie-Britannique propose actuellement aux actionnaires d'Osisko de recevoir 0,146 d'action de Goldcorp et 2,26 $ en espèces pour chaque action d'Osisko.

Le cours de l'or et celui des actions des sociétés aurifères ont grimpé ces dernières semaines, mais le titre de la société québécoise s'est échangé largement au-dessus de la valeur implicite de l'offre de Goldcorp depuis son annonce initiale.

L'action d'Osisko a clôturé vendredi à 7,05 $, ce qui confère à la société une valeur boursière de près de 3,2 milliards $. Le titre a cependant atteint de nouveaux sommets lundi et a clôturé à 7,50 $, en hausse de 45 cents, ou 6,38 pour cent.

L'action de Goldcorp a pour sa part clôturé la séance de lundi à 30,32 $, ce qui portait la valeur implicite de son offre à 6,69 $ par action — comparativement à sa valeur initiale de 5,95 $ en vertu du cours de son action au 10 janvier, qui était de 25,29 $.

Plusieurs analyste du secteur minier ont par ailleurs suggéré que Goldcorp, qui possède déjà au Québec le projet Eléonore, situé à la Baie-James, allait devoir hausser son offre afin de pouvoir mettre la main sur la société québécoise.

Michael Parkins, de Desjardins Marchés des capitaux, estime que l'entente survenue lundi pourrait mener à une bonification de la proposition du géant aurifère établi à Vancouver.

«En ayant accès à certains documents d'Osisko, Goldcorp pourrait justifier une hausse de son offre pour la minière québécoise, écrit-il dans un rapport. De son côté, Osisko bénéficie de davantage de temps pour dénicher une nouvelle offre pour ses actionnaires.»

PLUS:pc