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Oscar Pistorius face à la justice de son pays

03/03/2014 04:23 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Le champion paralympique Oscar Pistorius, accusé du meurtre de sa petite amie en février 2013, est arrivé lundi matin au tribunal de Pretoria qui doit décider de son sort à l'issue d'un procès de trois semaines qui mobilise les médias du monde entier.

Icône sportive mondiale, le héros des jeux Olympiques de Londres de 2012 comparaît pour le meurtre de Reeva Steenkamp, une top modèle abattue de quatre coups de fusil dans la nuit de la Saint-Valentin 2013.

Pistorius est arrivé au tribunal vers 09H50 (07H50 GMT). Vêtu d'un costume sombre, cravate noire sur chemise blanche, l'athlète de 27 ans semblait nerveux lorsqu'il est entré dans la salle d'audience, tête baissée.

Son frère Carl, sa soeur Aimée et quelques autres de ses proches avaient pris place dans la salle d'audience bondée. Aucun signe n'a été échangé avec la famille de Reeva Steenkamp.

Le procès, qui devait s'ouvrir à 10H00 (08H00 GMT), a pris du retard, dans l'attente d'un interprète. Il devait finalement débuter à 11H30 (09H30 GMT).

Lundi matin, la presse sud-africaine a publié des propos de la mère de Reeva, June Steenkamp: "Je veux regarder Oscar, le regarder vraiment dans les yeux, et juger moi-même la vérité sur ce qu'il a fait à Reeva", a-t-elle déclaré au quotidien de Johannesburg The Star.

Des centaines de journalistes, sud-africains et internationaux, sont présents à Pretoria pour couvrir les audiences, qui seront en grande partie retransmises en direct à la télévision. Un bouquet satellitaire a crée une chaîne spéciale dédiée à l'événement.

Jusqu'au 20 mars, le tribunal devra chercher les éléments de réponse à une question somme toute assez simple: le Sud-Africain, premier athlète handicapé à avoir participé aux jeux Olympiques avec les valides, à Londres en 2012, a-t-il assassiné sa compagne de sang-froid, comme le croit l'accusation? Ou l'a-t-il abattue par méprise en la prenant pour un cambrioleur, thèse de la défense?

Si la préméditation est reconnue, Pistorius risque vingt-cinq ans de prison.

Un drame sans témoins

Le drame s'est joué sans témoins, en pleine nuit du 13 au 14 février 2013, dans la maison luxueuse où vivait Pistorius, au coeur d'un complexe hautement sécurisé de Pretoria, entouré de murs et gardé par des vigiles.

Seuls éléments connus avec certitude: il est environ trois heures (01H00 GMT) du matin dans cette nuit de la Saint-Valentin. Reeva Steenkamp, une populaire top modèle de 29 ans, est enfermée dans les toilettes.

Soudain, Oscar Pistorius saisit son arme, tire quatre balles à travers la porte. La jeune femme décède peu après.

Lui affirme qu'il était sorti sur le balcon lorsqu'il a entendu un bruit dans les toilettes. Qu'il a pensé qu'un cambrioleur s'était introduit par la fenêtre de la salle de bain. Et que, pris de panique, il a fait feu sans sommation. Sans vérifier si Reeva était encore au lit.

Le procureur Gerrie Nel tentera de démontrer que ce scénario n'est pas crédible. Et que le champion paralympique a bien assassiné sa compagne en toute connaissance de cause.

Aux enquêteurs, Pistorius a affirmé que sa relation avec Reeva Steenkamp était sans nuages.

Ce soir-là, avait-il dit il y a un an lors d'une audience préliminaire, "elle faisait des exercices de yoga et je regardais la télévision au lit. Mes prothèses jambières étaient ôtées. Nous étions très amoureux et je ne pouvais pas être plus heureux. Je sais qu'elle ressentait la même chose. Elle m'avait donné un cadeau pour la Saint-Valentin mais demandé de ne l'ouvrir que le lendemain".

Durant les presque trois semaines de procès, les experts, balistique, médicaux et scientifiques devraient avoir la part belle. A eux de dire si Reeva Steenkamp a été tuée par la première balle, de sorte qu'elle n'a pas pu signaler sa présence. A eux de tirer des conclusions de l'angle de tir, pour déterminer la position de Pistorius.

A eux aussi de faire parler les téléphones portables des deux protagonistes, ou de dévoiler à quelle heure et sur quel site internet a surfé Pistorius la nuit du meurtre.

Une équipe d'enquêteurs sud-africains s'est rendue spécialement aux Etats-Unis pour demander l'aide d'Apple et du FBI pour décrypter les informations cachées dans l'iPhone de Pistorius. L'athlète, juste après le meurtre, avait affirmé avoir oublié le mot de passe permettant d'y accéder.

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