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Nucléaire/Temelin: deux ministres tchèques contre la participation de la Russie

03/03/2014 11:31 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Deux ministres tchèques, Martin Stropnicky (Défense) et Jiri Dienstbier (Législation et Droits de l'Homme), se sont prononcés lundi contre la participation d'entreprises russes à l'extension envisagée de la centrale nucléaire tchèque de Temelin, en raison de l'action de la Russie en Ukraine.

Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, a par la suite relativisé ces propos en soulignant qu'il n'était "pas possible de brûler les ponts".

"C'est assez difficile à imaginer", a déclaré M. Stropnicky devant la presse, réagissant à la question d'un journaliste portant sur l'éventuelle participation de firmes russes à la construction de deux réacteurs supplémentaires de Temelin.

"La Russie ne fait plus partie du groupe d'Etats démocratiques et prévisibles", a estimé le ministre de la Défense, à Komarov (50 km au sud-ouest de Prague).

"Ce que (la Russie) fait est inadmissible", a insisté M. Stropnicky, selon qui Moscou a "violé de manière flagrante le droit international".

De son côté, le ministre en charge de la législation et des droits de l'Homme, Jiri Dientsbier, a déclaré lundi au site www.aktualne.cz qu'un "pays ayant recours à l'agression militaire dans sa politique extérieure, représente un risque sécuritaire aussi pour la République tchèque".

"Je n'arrive pas à imaginer que les Russes pourraient continuer à participer à l'appel d'offres sur l'extension de Temelin", a déclaré M. Dientsbier, avant d'ajouter qu'il s'agissait là de son opinion personnelle.

"Il est impossible d'imaginer que nous allons brûler tous les ponts en rompant en raison de cette crise toutes les relations commerciales avec la Russie. Ce serait très imprudent", a réagi M. Sobotka, s'exprimant par la suite devant la presse à Bohumin (est).

Le consortium MIR 1200 formé par les russes Atomstroïexport et Gidropress avec le tchèque Skoda JS (contrôlé par le russe OMZ) est en lice pour ce contrat évalué à entre 8 et 12 milliards d'euros, avec l'américain Westinghouse (groupe Toshiba).

De son côté, le groupe français Areva a été exclu de l'appel d'offres en octobre 2012, par le groupe d'électricité CEZ détenu à environ 70% par l'Etat tchèque.

"Les critères de l'appel d'offres sont d'ordre technique, juridique et économique. Il n'y a pas de critères politiques", a insisté le Premier ministre, chef du Parti social-démocrate (CSSD).

"L'appel d'offres porte sur les paramètres économiques et techniques des offres. Il est régi par la loi sur les commandes publiques et la situation actuelle en Ukraine n'a aucun impact sur son déroulement", a assuré le porte-parole de CEZ, Ladislav Kriz.

Située dans le sud-ouest de la République tchèque, la centrale de Temelin est aujourd'hui dotée de deux réacteurs de conception russe VVER à eau pressurisée d'une puissance de 1.050 mégawatts chacun.

Cette centrale a produit l'an dernier 15,065 milliards de kWh d'électricité, deuxième meilleur résultat depuis sa mise en service en décembre 2000.

Initialement attendu en automne 2013, le choix du vainqueur de l'appel d'offres a été reporté par CEZ d'"au moins un an" en juillet dernier, suite à d'importantes incertitudes qui pèsent sur le secteur énergétique en Europe.

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