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Nouvelles attaques de Boko Haram: 29 morts au Nigeria, sept au Cameroun

03/03/2014 04:45 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Des hommes armés soupçonnés d'appartenir au groupe Boko Haram ont tué dimanche soir au moins 29 personnes dans le nord-est du Nigeria, qui connaît une des pires flambées de violences depuis le début de l'insurrection islamiste en 2009.

Le Cameroun voisin n'est pas épargné: des affrontements entre militaires camerounais et combattants de Boko Haram infiltrés par la poreuse frontière ont fait sept morts dimanche, dans la région de l'Extrême-Nord.

Non loin de là, de l'autre côté de la frontière, au Nigeria, le dernier bain de sang en date est à nouveau survenu dans l'Etat de Borno, un bastion de Boko Haram où plus de 100 personnes ont perdu la vie ces derniers jours.

Des hommes armés y ont attaqué dimanche la localité de Mafa, au lendemain de trois attaques sanglantes dans le même Etat qui avaient fait au moins 74 morts.

Les insurgés avaient diffusé plus tôt dans la semaine des tracts dans lesquels ils prévenaient d'une attaque imminente, a expliqué le sénateur de l'Etat, Ahmed Zanna.

Après ces menaces, certains ont fui, les écoles ont été fermées et des renforts militaires envoyés vers Mafa, à 45 kilomètres au nord-est de la capitale de l'Etat, Maiduguri.

Mais lorsque l'attaque a commencé, "les soldats ont fui car ils étaient dépassés en termes de puissance de feu et d'effectifs par les hommes armés", a expliqué le sénateur.

L'armée nigériane a catégoriquement démenti la fuite de ses soldats. Mais courant février, le gouverneur de l'Etat, Kashim Shettima, s'était déjà plaint du fait que les militaires étaient sous-équipés face aux insurgés.

Selon M. Zanna, "29 personnes ont été enterrées après l'attaque de Boko Haram".

Le bilan de l'attaque pourrait s'alourdir, a estimé un habitant de Mafa, car "des maisons sont toujours en train de se consumer et nous avons l'intention de fouiller les décombres pour chercher d'autres corps".

Toujours dimanche, au Cameroun, l'armée a affronté "une trentaine de combattants Boko Haram lourdement armés" qui "se sont infiltrés" à travers la frontière, a indiqué Mey Aly, responsable d'une ONG locale.

Une source sécuritaire camerounaise a donné un bilan de sept morts - six islamistes et un soldat - et ajouté que deux insurgés avaient été capturés.

Les incursions de combattants Boko Haram en fuite face à l'armée nigériane sont fréquentes.

- 'Mission de vengeance' -

L'insurrection de Boko Haram, qui veut créer un Etat islamique dans le nord du Nigeria, et les opérations de l'armée nigériane contre les islamistes ont fait des milliers de morts depuis 2009.

Plus de 330 personnes ont déjà perdu la vie depuis le 1er janvier, un bilan quasiment sans précédent en deux mois depuis le début du conflit.

Samedi, 35 personnes avaient péri lorsque deux bombes avaient explosé dans un quartier densément peuplé de Maiduguri. A peine une heure plus tard, 39 autres Nigérians avaient été tués par des hommes armés dans un village proche.

Depuis mai 2013, l'armée nigériane mène une vaste offensive contre Boko Haram.

Beaucoup pensent que l'offensive militaire a accru la violence, les islamistes lançant, en représailles, des séries d'attaques contre des civils.

Boko Haram mène "une mission de vengeance", a estimé l'habitant de Mafa.

Le groupe armé recourt également aux assassinats ciblés.

Dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'un dignitaire musulman, Adam Albani, qui avait critiqué Boko Haram, les services secrets ont annoncé lundi avoir arrêté sept personnes, dont le commanditaire et le tireur.

M. Albani, sa femme et son fils avaient été abattus le 1er février dans la ville de Zaria (nord), au lendemain du meurtre d'un pasteur chrétien par des hommes armés et une semaine après le meurtre de 26 chrétiens dans la même région.

Les craintes d'une crise humanitaire ne cessent de croître. Les Nations unies ont annoncé jeudi que 290.000 personnes ont fui leurs foyers dans le Nord-Est de mai 2013 au 1er janvier 2014 en raison des violences.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a assuré à plusieurs reprises que Boko Haram serait bientôt battu.

Selon des analystes et des diplomates occidentaux, l'amélioration de la situation économique dans le Nord, très touché par la pauvreté, est le seul moyen de mettre un terme définitif au conflit.

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