DIVERTISSEMENT

Nouvel album « In Flames » de Kandle (ENTREVUE)

03/03/2014 10:14 EST | Actualisé 03/03/2014 10:14 EST
Jean-Francois Cyr

MONTRÉAL – La jeune chanteuse anglophone Kandle signait, il n’y a pas si longtemps, avec le l'étiquette Dare to Care Records. Talent à surveiller (voir notre Top 10 des jeunes artistes québécois 2014), l’artiste d’adoption montréalaise fait paraître enfin son In Flames, un album fort attendu.

Partie de la Colombie-Britannique - on l’a déjà dit à maintes reprises, c’est la fille de Neil Osborne, chanteur du groupe 54-40 -, elle s’est établie dans la métropole en 2011. Depuis la sortie de son EP (numérique d’abord, il s’est plus tard trouvé une pochette au printemps 2012) de style folk-indie-rock, elle a gagné la reconnaissance des gens grâce à sa belle voix et à la maturité de son travail.

Kandle a également donné plusieurs spectacles, dont des prestations au festival Osheaga et à Pop Montréal. Elle a aussi joué en Europe (en première partie de Cœur de pirate) et aux États-Unis.

Avec plus de moyens, donc plus de liberté, Kandle avoue avoir apprécié cette période entourant la production d’In Flames, entamé à Montréal et Victoria (Ouest canadien), puis enregistré à Vancouver durant une semaine. Co réalisé par le guitariste Sam Golberg (Broken Social Scene, avec qui elle joue toujours en tournée) et son père, cet opus s’est concrétisé grâce à la collaboration d’une multitude d’artistes et musiciens comme Emmanuel Éthier, Béatrice « Cœur de pirate » Martin (elle chante sur la pièce Baby) et Sam Roberts (il participe au morceau Protector), Andrew Whiteman (membre fondateur de Broken Social Scene et du duo AroarA) et Ariel Engle (aussi d’AroarA).

« Il y a eu beaucoup de fichiers audio qui ont voyagé entre Montréal et Vancouver durant le temps de la production, ironise Kandle. Je dois expliquer que tous les musiciens principaux se sont rencontrés à Vancouver. Mais Sam a aussi fait une partie de la guitare ici [dans la métropole québécoise]. Pour ma part, j’ai fait toutes les voix à Victoria, en plus de participer au montage là-bas. J’avais décidé d’habiter chez mon père durant deux mois, le temps que tout soit réalisé. Il a un studio dans la ville. Dès mon retour à Montréal, nous sommes retournés dans un autre endroit pour ajouter des petites choses comme des lignes de saxophone et la voix de certains choristes. Quand ces enregistrements ont été finis, je suis retournée à Vancouver pour le mixage. Tout ça s’est terminé durant l’été 2013. »

« Pour différentes raisons, même si je n’étais pas très contente, mon équipe a décidé de sortir l’album cet hiver, renchérit-elle. Cette période m’a quand même permis de trouver deux nouveaux musiciens (le batteur français David Diaz et Félix Diotte qui joue notamment avec Pierre Lapointe), et de travailler sur le nouveau spectacle. »

Vieille âme

Tout comme son EP homonyme, In Flames propose des ambiances de clair-obscur dans un monde un brin sombre. Sans verser dans le tragique, la jeune femme de 23 ans admet qu’elle porte en elle une vieille âme qui l’incite la plupart du temps à écrire et composer des chansons tristes.

« Disons que quand je suis émotive, nostalgique ou peinée, j’aime bien prendre ma guitare et me laisser aller. Je dois dire que c’est un style de musique qui m’a toujours attirée. Je suis entourée de personnes géniales et j’aime la vie. Mais j’aime le travail contrasté. Bien que je pense être assez positive en général, la mélancolie m’habite souvent. C’est comme ça. J’essaie d’être moi-même en musique!, envoie-t-elle en souriant. Cela dit, j’aime aussi de provoquer. Écrire des paroles qui font réagir ou réfléchir sur les revers de l’amour (Demon), la passion, la mort… »

Quoi qu’il en soit, son folk rock à la limite de la pop n’est pas seulement opaque (comme sur So Bad). Ses relents country et blues apportent des traces lumineuses qui rendent la proposition globale assez facile à digérer. Sa voix éthérée et enjôleuse aide par ailleurs à pénétrer son univers assez singulier, pour le Québec du moins. Certaines pièces, telles que Oh Great et Baby, rappellent le travail de l’Américaine Lana Del Rey.

La route

In Flames est dans le même esprit que son EP. Les ambiances ont beaucoup de ressemblances de part et d’autre. Mais ce tout récent disque a été produit dans de bien meilleures conditions.

« En 2011, j’ai enregistré le maxi dans un sous-sol, raconte Kandle. Cette fois-ci, je pouvais me permettre de travailler avec d’excellents musiciens. J’ai pu me payer un studio. Et surtout, j’ai eu la possibilité de prendre mon temps pour faire les choses à mon goût. Il ne reste plus qu’à les faire entendre sur scène! »

Depuis la fin de l’enregistrement d’In Flames, la blonde aux cheveux longs attend visiblement avec impatience le début de la tournée qui devrait la mener un peu partout au Canada et de l’autre côté de l’Atlantique. Elle aimerait aussi visiter certaines villes américaines. « Depuis mon arrivée à Montréal, je suis, chaque année, invitée au festival South by Southwest, à Austin (Texas). Mais je n'y suis jamais allée, faute de moyens. J’espère que l’an prochain je pourrai enfin saisir ma chance », donne-t-elle en exemple.

« Nous sommes encore en train de planifier cette tournée, mais tout ce que je souhaite, c’est d’être très occupée. Je travaille fort pour y parvenir […] J’ai eu toutes sortes d’emplois temporaires afin de subsister (gardienne d’enfants, ménage et autres). Il est temps pour moi de vivre pleinement de ma passion, la musique. »

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In Flames sera en vente à compter du mardi 4 mars.

Kandle, accompagné de ses musiciens, offrira, le lendemain soir, un spectacle-lancement au cabaret La Tulipe, à Montréal.

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