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L'Ukraine fait chuter la Bourse de Moscou et le rouble et pèse sur les marchés en Asie

03/03/2014 02:21 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

L'aggravation de la crise en Ukraine faisait lourdement chuter lundi la Bourse de Moscou et le rouble, tandis que les places asiatiques reculaient en des craintes d'une escalade du conflit.

Les cours du pétrole montaient eux, dopés par une prime de risque géopolitique.

La Bourse de Moscou a chuté de plus de 6% à l'ouverture. Vers 07H00 GMT, les deux indices de la place financière moscovite, le Micex et le RTS, accentuaient encore leur repli et dégringolaient respectivement de 8,55% et 9,72%.

Au même moment, la Banque centrale de Russie a annoncé une hausse surprise de son taux directeur à 7% contre 5,5% auparavant, en raison de l'apparition de "risques pour l'inflation et la stabilité financière".

La décision de la Banque centrale de relever son taux directeur d'un point et demi, qui s'applique à partir de 07H00 GMT, a été prise lors d'une réunion non annoncée des responsables de la Banque de Russie. La réunion de politique monétaire était prévue le 14 mars.

Le rouble plongeait à des records historiques de faiblesse. L'euro a dépassé le seuil très symbolique des 50 roubles, jamais vu, et le dollar est monté jusqu'à 36,85 roubles, dépassant son record de 2009.

En Asie, l'indice Nikkei des 225 valeurs vedettes de la Bourse de Tokyo a clôturé en chute de 1,27%, après avoir perdu jusqu'à 2,68% en cours de séance.

Syndey a fini en baisse de 0,38% et Seoul de 0,77%.

Vers 07H00 GMT, Shanghai, qui avait ouvert en repli de 0,37%, s'était redressée et affichait en cours de séance une hausse de 0,7%. Hong Kong cédait 1%.

Le yen, considéré comme une valeur refuge en cas de crise, s'est par ailleurs apprécié. La devise japonaise valait 101,39 yens pour un dollar vers 07H00 GMT, et 139,83 yens pour un euro.

- Condamnation des pays membres du G8 -

La crise en Ukraine s'est aggravée ce week-end et apparaît désormais comme l'un des plus graves conflits entre les pays occidentaux et Moscou depuis la Guerre froide.

Samedi, le Sénat russe a approuvé une demande d'intervention militaire en Ukraine présentée par le président Vladimir Poutine.

L'Ukraine s'est alors déclarée "au bord de la catastrophe" à la suite de cette "déclaration de guerre" et semblait perdre dimanche le contrôle de la Crimée, ce qui a poussé les Occidentaux du G7 à faire bloc contre Moscou.

Les dirigeants de sept pays membres du G8 (G7 + Russie) ont ainsi condamné la "claire violation" de la souveraineté de l'Ukraine par Moscou et annoncé la suspension de leurs préparatifs en vue du sommet du groupe à Sotchi (Russie) en juin.

Un haut responsable ukrainien a annoncé la mobilisation des réservistes afin d'assurer "la sécurité et l'intégrité du territoire".

Et le secrétaire d'État américain John Kerry sera à Kiev mardi pour soutenir le nouveau régime ukrainien face à "l'occupation" de la Crimée par la Russie, ont annoncé les États-Unis.

Autre facteur à la baisse pour les Bourses asiatiques, la contraction de la production manufacturière chinoise en février, la plus forte depuis sept mois, selon l'indice définitif publié lundi par la banque HSBC, confirmant le ralentissement de la deuxième économie mondiale.

La brusque montée des tensions en Ukraine a en revanche dopé les cours du pétrole.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril gagnait 1,75 dollar US à 103,80 dollars US tandis que le baril de Brent de la mer du Nord à même échéance s'appréciait de 1,59 USD à 110,76 USD.

"Pour le moment, nous avons tous les yeux rivés sur l'Ukraine, sur la situation en Crimée (...). Je crois que pour les jours à venir au moins, ce facteur éclipsera tous les autres", a déclaré Desmond Chua, analyste chez CMC à Singapour.

"Étant donné que l'Ukraine se situe dans la chaîne d'approvisionnement du Brent, la prime de risque a augmenté, poussant vers le haut les prix" du brut, a-t-il ajouté.

L'Ukraine n'est ni un producteur pétrolier majeur ni un gros consommateur, mais le pays occupe une position géographique stratégique pour le transport des hydrocarbures russes, soulignent les analystes de la division matières premières chez JP Morgan.

Ainsi, plus de 70% du gaz et du pétrole russes passe par l'Ukraine, et l'Europe représente 90% des achats du pétrole russe.

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