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L'AIEA exhorte l'Iran à lever tous les doutes sur son programme nucléaire

03/03/2014 06:01 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a exhorté l'Iran lundi à répondre à toutes les inquiétudes occidentales sur un possible volet militaire de son programme nucléaire.

Les premières mesures adoptées par l'Iran "représentent une étape positive, mais il reste beaucoup à faire afin de résoudre toutes les questions en suspens", a déclaré le directeur général de l'agence lors du conseil des gouverneurs, réuni à huis clos jusqu'à vendredi à Vienne.

Le Japonais juge "essentiels" une "clarification de toutes les questions relatives à une possible dimension militaire, et l'application par l'Iran du protocole additionnel", permettant notamment des inspections plus fréquentes de l'AIEA.

La veille, le président iranien Hassan Rohani avait accusé les Occidentaux de vouloir freiner les développements du programme nucléaire iranien. "L'AIEA a mené des milliers d'heures d'inspections et a affirmé qu'il n'y avait aucun signe d'une diversion du programme nucléaire iranien vers un but militaire", a-t-il déclaré dans un discours retransmis par la télévision d'Etat.

L'agence avait publié un rapport en novembre 2011 contenant un catalogue d'éléments présentés comme crédibles, indiquant que l'Iran avait travaillé à la mise au point de la bombe atomique avant 2003, voire ensuite. Téhéran a toujours nié vouloir se constituer un arsenal nucléaire.

La possible dimension militaire a été timidement abordée pour la première fois dans un accord en sept points conclu début février, où l'Iran s'est engagé à s'expliquer sur la mise au point de détonateurs utilisables pour une bombe.

Les négociations avec l'AIEA sont séparées, mais intimement liées à celles menées avec les grandes puissances. Le 24 novembre dernier, l'Iran et le 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) avaient conclu un plan d'action sur six mois prévoyant un gel de certaines activités de l'Iran en l'échange de l'allègement de sanctions. L'accord est appliqué depuis le 20 janvier.

"Jusqu'à présent, les mesures conclues dans le plan d'action commun ont été mises en oeuvre comme prévu", a souligné M. Amano. La dilution du stock sensible d'uranium enrichi jusqu'à 20% "a atteint la moitié", a-t-il notamment précisé. Il a aussi annoncé que 17 pays membres s'étaient engagés à contribuer à une augmentation du budget de l'agence devant lui permettre de remplir sa mission de surveillance comme convenu dans l'accord de Genève. Mais il manque toujours à l'AIEA 1,6 million d'euros, a-t-il dit.

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