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Japon: le gouvernement réfléchit à une taxation des transactions en Bitcoins (presse)

03/03/2014 11:10 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Le ministère japonais des Finances et l'Agence des impôts ont commencé d'étudier une possible taxation des transactions en Bitcoins, une monnaie virtuelle qui échappe pour le moment à toute régulation, a indiqué mardi la presse japonaise.

Selon le quotidien Yomiuri Shimbun, le gouvernement se demande si, et le cas échéant comment, il pourrait soumettre à des obligations fiscales les opérations effectuées avec cet argent immatériel international qui peut permettre de payer des achats comme des services ou être échangé contre des devises.

L'Agence des impôts tend à considérer que la taxe sur la consommation (équivalent de la TVA française) doit être payée pour des achats réglés en Bitcoins et que les impôts sur les sociétés doivent être acquittés pour celles qui en profitent, de même que devraient être taxés les bénéfices que des particuliers tirent d'investissements en Bitcoins.

Toutefois, dans la pratique, d'importantes difficultés se posent sur la comptabilité entourant ces Bitcoins et sur la façon éventuelle de déclarer et donc de taxer les transactions afférentes, explique le journal.

Certains types de gains (comme les avantages en nature donnés par les entreprises à leurs salariés) peuvent servir de référence, mais encore faut-il définir des règles claires pour établir la valeur des biens, sachant que celle des Bitcoins (BTC) est variable.

Les Japonais entendent aussi s'appuyer sur des exemples étrangers, dont celui de Singapour, a précisé le Yomiuri. Le Canada, l'Allemagne ou encore la Corée du Sud s'interrogeraient aussi sur des règles tandis que d'autres pays plus coercitifs, comme la Russie et la Chine, ont restreint l'usage desdits Bitcoins.

"Puisqu'il y a des échanges internationaux en Bitcoins, les pays doivent se coordonner pour y répondre", a déclaré le vice-ministre des Finances Jiro Aichi.

Reste qu'au Japon, même si le Bitcoin a fait beaucoup de bruit ces derniers jours avec la faillite de la plate-forme d'échange MtGox dont le siège est à Tokyo, le nombre d'utilisateurs reste limité et seulement une dizaine de vendeurs acceptent cette monnaie.

Quelque 127.000 personnes, dont 1.000 Japonais, sont en tout cas victimes de la défaillance soudaine de MtGox qui a avoué la semaine passée la disparition de quelque 750.000 BTC appartenant à ses clients et 100.000 détenus en propre, prétendument à cause d'une attaque informatique rendue possible par des "points faibles du système".

Le tout vaudrait 377 millions d'euros au cours de mardi à 03H52 GMT.

La société MtGox, dirigée par le Français Mark Karpelès, s'est placée sous la loi des faillites en espérant que les enquêtes en cours prouveront ses dires pour lui ouvrir la voie d'un redressement judiciaire, selon des documents publiés lundi.

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