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Découverte d'un virus géant vieux de 30 000 ans

03/03/2014 05:02 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

La découverte d'une troisième famille de virus géants qui a survécu à plus de 30 000 ans de congélation dans le sol de Sibérie pose d'importantes questions de santé publique.

Une équipe de virologistes français a mis en évidence l'existence de Pithovirus sibericum, qui sévissait vers la fin de l'ère de l'homme de Néandertal, dans un échantillon de sol gelé en provenance de l'extrême nord-est sibérien, dans la région autonome de Chukotka.

Elle estime qu'avec cette découverte la résurgence de virus considérés aujourd'hui comme éradiqués, tel celui de la variole, n'est plus un scénario de science-fiction.

Les chercheurs pensaient avoir atteint les limites ultimes du monde viral en terme de complexité génétique des virus géants, les seuls visibles en microscopie optique du fait de leur diamètre supérieur à 0,5 micron, après la découverte du premier représentant de la famille des Megaviridae en 2003, puis de deux spécimens de la famille des Pandoravirus en 2013.

« L'analyse approfondie de Pithovirus révèle qu'il n'a quasiment aucun point commun avec les virus géants précédemment caractérisés. Il inaugure donc une nouvelle famille de virus, portant à trois le nombre de familles de virus géants connues à ce jour », a précisé lundi la communauté scientifique dans un communiqué.

La grande taille des virus géants n'est pas, en soi, leur caractéristique la plus intéressante. Leur originalité réside dans la complexité de leur génome.

Beaucoup de virus, parmi les plus pathogènes pour l'homme comme ceux de la grippe ou du sida, ont une dizaine de gènes qui leur suffisent largement pour proliférer.

Réchauffement climatique

Le Pithovirus en compte environ 500, certes moins que les 1900 à 2500 gènes de ses cousins Pandoravirus mais avec un mécanisme de réplication à l'intérieur des cellules beaucoup plus sophistiqué.

L'étude de ces nouvelles entités, qui semblent beaucoup plus proches de cellules vivantes que les virus classiques, pourrait conduire à d'importantes avancées en matière biomédicale et de biotechnologie.

S'il n'est pas pathogène pour les cellules humaines, la découverte d'un virus géant capable de survivre dans le pergélisol (couche de sol gelé en permanence des régions arctiques) sur une période de plus de 30 000 ans pourrait aussi avoir des répercussions cruciales sur l'environnement.

« Cela a des implications importantes sur les risques de santé publique liés à l'exploitation des ressources minières et énergétiques des régions circumpolaires que le réchauffement climatique rend de plus en plus envisageable », dit le texte.

« La résurgence de virus considérés aujourd'hui comme éradiqués, tel celui de la variole dont le processus de réplication est similaire à celui du Pithovirus, n'est désormais plus du domaine de la science-fiction », précise-t-il.

Un des laboratoires impliqués s'est d'ailleurs attelé à quantifier de « manière réaliste » la probabilité d'un tel scénario à travers une étude métagémonique du pergélisol.

L'équipe de virologistes est constituée de chercheurs du laboratoire Information génomique et structurale d'Aix-Marseille, associés à ceux du laboratoire Biologie à grande échelle (CEA/INSERM/Université Joseph Fourier) et du Génoscope (CEA/CNRS).

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