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David Giguère: Une «Casablanca» qui n'en est pas une... (ENTREVUE)

03/03/2014 12:34 EST | Actualisé 03/03/2014 12:43 EST
Agence QMI

«Ceci est la représentation de deux personnes qui n’ont jamais réussi à exister [ensemble]». Le préambule du second disque de David Giguère, Casablanca, est poignant et sombre mais ô combien sincère. Le chanteur et comédien l’avoue lui-même, il en a été d’un énorme soulagement lorsque l’inspiration s’est montré le bout du nez et qu’il a enfin pu mettre des mots sur ses sentiments.

En entretien avec le Huffington Post Québec, David Giguère revient sur les prémisses de sa création. «Quand je me suis mis à écrire, c’est une des premières phrases qui m’est arrivée à l’esprit, pour résumer tout ce qu’allait être cet album-là. Au final, c’est une façon un peu ludique de résumer ces textes-là, qui sont écrits pour représenter deux personnes qui n’ont pas réussi à vivre une relation ensemble». Quête de soi dans une vie à deux, crise identitaire dans une relation en détresse, David Giguère a réussi à exprimer ses idées en quelques jours à peine. Tout s’est tracé d’un seul coup. Même le titre du disque, Casablanca, est apparu sans trop qu’il ne le comprenne. «Ça s’est fait super instinctivement», raconte-t-il. «Je me suis réveillé et c’est comme si ce mot-là était poigné dans ma tête. Je n’avais même pas commencé à écrire de chansons. Je ne savais pas pourquoi, mais je savais que l’album allait s’appeler comme ça.»

Toujours avec l’urgence de dire et de vivre qu’on lui connaît, l’artiste n’a rien voulu contrôler lorsque le disque a commencé à prendre forme dans sa tête. «Mon premier album datait en partie presque de mes 16 ans. De revenir là, à 25 ans, avec ce que j’ai envie de dire haut et fort, c’était important pour moi. […] Lorsque tu enregistres un CD, il faut ensuite que tu tournes avec pendant deux ans, donc tu es mieux d’être confiant de ce que tu dis en tabarnouche, parce que ton propos va te suivre», explique-t-il.

L’alter ego

Et pour canaliser l’énergie et l’urgence de dire du chanteur, celui-ci a fait appel à des gens qui le «retiendraient un peu plus» pour réaliser Casablanca. «J’ai eu un gros coup de cœur d’instinct artistique avec Jonathan Dauphinais, le réalisateur. On s’était croisé quand je faisais les premières parties d’Ariane Moffatt, lui jouant de la basse pour elle, et on a commencé à discuter. Il avait des idées similaires aux miennes, des références à des choses qui me touchaient; de se dire qu’on peut se mettre en danger, qu’on a droit à l’erreur par exemple.»

L’auteur-compositeur-interprète a beaucoup appris de son réalisateur pour qui la patience et la rigueur étaient de mise. Mais c’est une semaine avant son entrée en studio qu’il a réellement constaté l’effet que son réalisateur avait eu sur lui et la confiance aveugle qu’il lui vouait. « J’ai vu Jonathan et je lui ai dit: ‘Jo, c’est fucké, mais je n’ai jamais écouté ce que tu as fait. Je n’ai jamais entendu ce que tu as fait, tes projets et tout’, mais avec la musique, ce sont des choses qu’on ressent. Je savais que ça fonctionnerait parfaitement bien avec lui», relate-t-il.

Un regard plus mûri

Sans chercher à comparer Casablanca à son premier effort, Hisser Haut, David Giguère admet tout même retrouver «quelque chose de plus posé et de plus assumé» sur sa récente œuvre. «Ça parle d’une relation plutôt adolescente si on veut, sauf que j’ai pris le temps d’y poser un regard plus mature». D’un plan sonore, l’artiste a également cherché à épurer ses pièces. «On a essayé de ne pas mettre le piano avec la basse et les percussions parce que c’est comme ça. On s’est dit: ‘OK, de quoi cette chanson-là a-t-elle besoin pour qu’elle puisse respirer et qu’elle puisse parfaitement bien sonner avec le moins d’éléments possible?’»

Casablanca est loin des paysages marocains et des plages d’été pour les cœurs légers. Les pièces ont un petit quelque chose de mélancolique qui agit sur ses auditeurs tel un pincement au cœur. À la fois déchirante et truffée de sensibilité, la pop de David Giguère invoque l’introspection et la prise de conscience de soi au travers des autres.

Un lancement fluide

Ayant enregistré son album en formule live, Giguère a conservé les six mêmes musiciens pour sa transposition scénique en vue du lancement qui aura lieu ce mardi 4 mars, au Club Soda. L’artiste y voit ainsi une certaine continuité dans son travail, n’ayant pas à casser la tête pour ajouter ou enlever des instruments sur certains morceaux. «Mon questionnement est plus de savoir quelles sections j’allongerai pour qu’on ait plus de fun en live, pour qu’on puisse triper», lance-t-il, visiblement heureux du résultat final de sa galette.

Casablanca sera mis en vente ce mardi 4 mars sous l’étiquette Audiogram. Le lancement aura lieu le même soir au Club Soda. Pour plus de détails, cliquez ici.

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