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Commission Charbonneau: «le jupon commence à dépasser», déplore Claude Généreux

03/03/2014 03:33 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Claude Généreux, l'ancien candidat à la présidence de la FTQ, qui avait osé critiquer les façons de faire de la centrale, écorche maintenant la Commission Charbonneau, estimant que ses audiences, la semaine dernière, ont ressemblé à un véritable «spectacle».

Le nouveau candidat du parti Québec solidaire dans Bourassa-Sauvé est celui qui avait exprimé sa volonté de changer les choses à la FTQ et qui était prêt à affronter le président d'alors, Michel Arsenault.

M. Arsenault n'avait finalement pas sollicité de renouvellement de mandat. Et M. Généreux avait finalement brigué le poste de secrétaire général, et non celui de président. Il avait été battu lors du dernier congrès de la centrale syndicale, en novembre dernier.

«Il y a des excès, mais il y a des excès partout aussi. Le témoignage de la semaine dernière _ celui du représentant syndical des opérateurs de machinerie lourde Bernard «Rambo» Gauthier _ nous a démontré qu'il y avait des problèmes de toutes parts, de tous côtés. Nous n'avons pas encore entendu parler, ni par les syndicats et les syndicalistes, ni par les entrepreneurs, des problèmes chez les entrepreneurs. J'espère que la phase qui s'amorce, qui s'annonce à la Commission Charbonneau, va parler de cela, qui n'est pas du menu fretin. C'est, à l'origine, ce qui devait être effectivement la chair même de ce qui devait être enquêté. C'est une commission d'enquête, qu'elle enquête plutôt que ce soit du spectacle», a-t-il critiqué.

«Le jupon commence à dépasser là. Il y avait des doutes. Et il y a des gens qui commencent à raffermir ces doutes-là. C'est une commission d'enquête qui devait voir où est le crime _ s'il y en a un _ faire des recommandations, pour changer les choses. Et là, ça s'en va dans toutes les directions. Il y avait matière à avoir enquête; nous l'avons demandée. Elle se tient, qu'elle se tienne bien maintenant, qu'on ait de bonnes recommandations, qu'on change les choses qui doivent être changées», a-t-il ajouté.

M. Généreux n'a pas aimé, par exemple, entendre Bernard Gauthier se faire demander s'il pratiquait une forme de syndicalisme à outrance. «C'est là qu'on se dit: 'c'est quoi le mandat de la commission?' Là, il commence à y avoir un jugement de valeur. Une commission d'enquête enquête. Lorsqu'elle déclare lapidairement, et bien elle porte un jugement. Et s'il apparaît que la commission pouvait être... qu'un parti pris la gagne prématurément, et bien là, il y a un parti pris, il y a un préjugé, alors qu'elle devrait juger selon les règles qu'on a dans la société démocratique, entendre ce qui a à être entendu.»

En entrevue, il a noté que le syndicalisme vise certes à défendre les membres, comme l'a affirmé Bernard Gauthier, mais pas seulement les membres. «Si on ne fait que défendre que nos membres, c'est là qu'il y a un certain ressentiment dans la société. Le syndicalisme, c'est aussi de la justice sociale pour tout le monde, pas juste pour nos membres.» Il en prend pour preuves le combat mené par les syndicats pour le maintien de la livraison du courrier à domicile, celui contre la privatisation de l'eau, jadis, et celui pour la protection de l'environnement.

Il dit avoir été surpris de la «méconnaissance» de la commission en ce qui a trait aux syndicats _ une lacune qui aurait pu être comblée, selon lui, si elle s'était mieux préparée ou avait fait témoigner un expert du milieu des relations de travail. «C'était navrant de voir la commission démontrer sa méconnaissance du monde syndical. Là, ils posaient des questions... Je ne dirai pas des gros mots, des gros qualificatifs, comme des questions idiotes, mais voilà, je viens d'en dire un. Il y a quelques questions qu'on pose dans un cours de syndicat 101», a déploré M. Généreux.

Il affirme avoir encore confiance malgré tout en la commission. «Je la crois toujours impartiale, mais cette semaine, il y avait des déroutes. C'était plus du spectacle; ça donnait beaucoup du spectacle.»

M. Généreux a été président pour le Québec du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP- FTQ) de 1993 à 2001, puis secrétaire-trésorier du SCFP au niveau national de 2001 à 2011.

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