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Burundi: une rébellion revendique une attaque meurtrière contre l'armée

03/03/2014 05:20 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Des rebelles burundais ont revendiqué lundi l'attaque la veille d'une position de l'armée burundaise, affirmant avoir tué sept soldats dans une zone marécageuse frontalière avec la République démocratique du Congo.

L'armée a nié avoir subi des pertes mais a confirmé l'attaque revendiquée par le groupe armé, aile dissidente des Forces nationales de libération (FNL), une ex-rébellion devenue le principal parti d'opposition du Burundi.

Selon Eraste Dondogori, porte-parole de ces dissidents des FNL ayant repris les armes, les rebelles ont attaqué "deux positions de l'armée" au nord-ouest de la capitale, dont un poste de commandement à une quinzaine de km de Bujumbura.

"Nous avons tué sept soldats en une heure de combats", a-t-il ajouté par téléphone à l'AFP. "Nous avons malheureusement perdu trois de nos hommes, avant de nous replier sur nos positions dans les marais de la Rukoko", une zone située à la frontière entre le Burundi et la République démocratique du Congo.

Le porte-parole de l'armée burundaise, le colonel Gaspard Baratuza, a confirmé l'attaque, reconnaissant seulement deux blessés chez les soldats.

"Un groupe d'aventuriers armés ont attaqué des positions de l'armée hier dans la Rukoko, ils ont fait deux blessés dans (les rangs de) l'armée et ont perdu trois hommes avant de s'enfuir vers la RDC d'où ils étaient venus", a-t-il assuré à l'AFP.

Les marais de la Rukoko sont situés de part et d'autre de la frontière entre le Burundi et la province congolaise du Sud-Kivu, qui, selon Bujumbura, sert de base-arrière aux rebelles burundais.

Début février, le même groupe armé avait revendiqué la mort de cinq soldats burundais dans une attaque perpétrée dans la même zone. Son porte-parole a promis lundi de "continuer la lutte jusqu'à chasser" le pouvoir en place à Bujumbura.

Le Burundi, petit pays d'Afrique des Grands Lacs longtemps meurtri par une sanglante guerre civile (1993-2006), a été frappé, dans la foulée d'élections remportées haut la main par le président sortant Pierre Nkurunziza et son parti en 2010, par de nombreuses attaques revendiquées par de nouvelles rébellions, réprimées dans le sang.

Cette escalade a fait craindre à de nombreux observateurs la résurgence de violences à grande échelle. Mais, jusqu'à l'attaque de début février, le Burundi n'avait plus vu d'affrontements de ce genre depuis environ un an.

Ces violences embarrassent le pouvoir, qui refuse d'ailleurs de parler de "rébellion", préférant employer les termes de "bandits" ou d'"aventuriers" pour qualifier les agresseurs.

L'armée congolaise fait elle régulièrement état d'affrontements avec les rebelles burundais au Sud-Kivu. Malgré ses multiples dénégations, des sources concordantes assurent que l'armée burundaise participe à certaines des opérations menées contre les rebelles dans l'est congolais.

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