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Bahrein: 3 policiers, dont un Emirati, tués dans un attentat

03/03/2014 01:38 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Trois policiers, dont un officier émirati, ont été tués lundi par un attentat à la bombe dans un village chiite de Bahrein où ils dispersaient des "émeutiers", ont annoncé les ministères de l'Intérieur des deux pays.

C'est la première fois qu'un membre des forces de sécurité d'un autre pays du Golfe est tué à Bahreïn, où des militaires des Etats voisins se sont déployés il y a trois ans pour soutenir la monarchie sunnite face au soulèvement chiite.

Il s'agit de l'attentat le plus grave contre les forces de sécurité à Bahreïn depuis l'écrasement en mars 2011 du soulèvement dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite, où la majorité de la population est chiite.

Le ministère bahreini de l'Intérieur avait annoncé dans un premier temps que trois policiers avaient été tués dans l'explosion d'une bombe lors de heurts entre les forces de sécurité et des "émeutiers" dans le village chiite de Daih, proche de Manama.

"Trois policiers sont morts dans une explosion terroriste à Daih, où la police dispersait des émeutiers", a indiqué le ministère sur son compte Twitter.

Le lieutenant Tarek Al-Shehi a été tué "alors qu'il accomplissait son devoir national de maintenir l'ordre", a annoncé peu après un communiqué du ministère émirati de l'Intérieur, retransmis par l'agence officielle WAM.

Les forces des autres pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, sont normalement déployées autour des installations vitales et ne prennent pas part à la répression des manifestations, quasi-quotidiennes dans les villages chiites.

Des témoins ont entendu une explosion pendant les heurts entre les manifestants et la police, qui a lancé des gaz lacrymogènes et tiré à la chevrotine pour disperser les protestataires.

L'opposition conduite par la puissante formation chiite Al-Wefaq, a rapidement condamné l'attaque, soulignant la nature "pacifique" de sa contestation contre le régime.

Les six groupes de l'opposition ont "condamné l'attaque et regretté qu'elle ait fait des victimes parmi les forces de sécurité".

Ils ont appelé leurs partisans à "adhérer aux moyens pacifiques, et à condamner les actes criminels revendiqués par les soit-disant Brigades al-Ashtar ou (brigades de) la Résistance, ou tout autre parti revendiquant des attentats à la bombe ou des violences".

Les Brigades al-Ashtar auraient revendiqué des attentats à la bombe dans le royaume, dont un devant une mosquée sunnite en juillet.

Les attaques contre les forces de sécurité se sont intensifiées au cours des derniers mois à Bahrein, et un policier avait été blessé dimanche par une explosion dans un village chiite proche de Manama où des manifestants avaient bloqué des rues.

Un autre policier avait été tué le 15 février dans une attaque à la bombe dans un village chiite lors de protestations marquant le troisième anniversaire du mouvement de contestation.

L'impasse politique est totale à Bahreïn où l'opposition réclame l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle alors que le pouvoir refuse de faire des concessions de fond. Face à la poursuite de la contestation, les autorités ont alourdi l'an dernier les peines pour les auteurs de violences et introduit la peine de mort ou la prison à perpétuité en cas de morts ou de blessés. Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 89 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.

ak-at/cbo

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