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Algérie: un ancien Premier ministre abandonne la course à la présidence

03/03/2014 10:16 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

L'ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour (1999-2000), premier candidat déclaré à l'élection présidentielle du 17 avril en Algérie, a annoncé lundi son retrait de la course, invoquant une "fraude" annoncée.

"En réalité, les urnes ne seront qu'un leurre et une piraterie légalement soutenue. Une fois de plus, en Algérie, les forces de la fraude auront pris le dessus sur l'argumentation convaincante (...). D'où mon retrait des ces élections (...)", a affirmé M. Benbitour dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.

"L'usage inconsidéré des deniers publics, le maintien d'un gouvernement dont les membres sont notoirement connus pour leur allégeance au candidat Président (Abdelaziz Bouteflika) (...) la confiscation des médias audio-visuels publics, font que les élections d'avril 2014, se présentent, une fois de plus, comme une rupture du pouvoir avec le peuple", a-t-il ajouté.

M. Benbitour, premier candidat a avoir annoncé en décembre 2012 son intention de briguer la présidence, s'est déclaré "solidaire" de ses "partenaires politiques qui ont lancé un appel au boycott", du scrutin présidentiel.

Il a précisé avoir réussi à obtenir plus de 80.000 signatures d'électeurs, largement au-dessus des 60.000 exigés par la loi pour déposer sa candidature.

M. Bouteflika, 77 ans, au pouvoir depuis 1999, briguera un 4e mandant malgré des problèmes de santé qui alimentent les doutes sur sa capacité à diriger le pays.

Jeudi, un ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche (1989-1991), avait appelé à faire tomber le régime du président Bouteflika "dans le calme", avec l'aide de l'armée, invoquant une "fraude" annoncée.

Auparavant, l'ex-président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, figure majeure de l'opposition, avait appelé ses compatriotes à se mobiliser pour "discréditer ce scrutin, de sorte à laisser l'actuel président candidat à sa propre succession se concurrencer lui-même".

Samedi, la police a empêché des dizaines de personnes de se rassembler devant la faculté centrale d'Alger pour dénoncer la candidature de M. Bouteflika.

Plus de 80 personnes, parmi lesquelles de vieux routiers de la vie politique dont un ex-Premier ministre de M. Bouteflika, Ali Benflis, ont annoncé leur candidature. Celles-ci ont jusqu'à mardi minuit pour être déposées. Le Conseil constitutionnel annoncera ensuite dix jours plus tard les candidats retenus.

abh/feb

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