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Venezuela: Nicolas Maduro ne semble plus profiter de l'aura de son prédécesseur

02/03/2014 11:07 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Un an après la mort d'Hugo Chavez, des dizaines de Vénézuéliens continuent de se rendre chaque jour au mausolée qui lui est dédié dans un bidonville surplombant le centre-ville de la capitale, Caracas.

Le culte voué au défunt président, décédé à l'âge de 58 ans le 5 mars 2013 des suites d'un cancer, avait jusqu'ici favorisé son successeur, Nicolas Maduro.

Mais les aspects moins reluisants de son héritage, dont le haut taux de criminalité, l'inflation galopante et les pénuries récurrentes de biens et de nourriture, entre autres, semblent contribuer à effacer cet aura dont il profitait.

Malgré des évocations quasi quotidiennes à son mentor et au puissant parti dont il a repris les rênes, M. Maduro compte des centaines d'opposants parmi les protestataires qui ont envahi ces dernières semaines les rues de plusieurs villes au Venezuela.

Pour souligner le premier anniversaire de la mort de M. Chavez, le président Maduro a décrété une période de commémorations de dix jours, soit trois de plus que la semaine de deuil observée à la suite de son décès, l'an dernier.

Une parade militaire et des activités réunissant d'autres alliés de la gauche en Amérique du Sud sont prévues, de même que des hommages qui auront lieu près du mausolée où le président Maduro assiste, à tous les mois de la mort de M. Chavez, à un coup de semonce tiré à 16 h 25 le 5e jour du mois.

Privé du charisme qui caractérisait l'ex-président vénézuélien, M. Maduro a accordé une place beaucoup plus grande à l'armée au sein de son gouvernement, nommant plus de 300 militaires et officiers retraités à des postes politiques, dont un quart forme le cabinet. Il a aussi relevé le salaire des soldats au-delà de la hausse de l'inflation en plus d'avoir lancé un réseau télévisé dirigé par l'armée.

De telles décisions lui ont valu la loyauté des militaires, qui servent habituellement d'arbitres dans les conflits politiques au Venezuela. Mais cela pourrait aussi expliquer la violente répression des récentes manifestations anti-gouvernement.

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