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Venezuela: l'opposition tente de maintenir la pression sur le gouvernement

02/03/2014 05:31 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Des milliers de manifestants ont convergé vers un quartier huppé au coeur des affrontements dans la capitale du Venezuela depuis plus de deux semaines, dimanche, dans une tentative de maintenir la pression sur le gouvernement pendant la semaine de congés à venir.

Plusieurs centaines d'entre eux ont ensuite érigé des barricades, incendié des pneus et lancé des pierres et des bombes incendiaires en direction des soldats de la Garde nationale, qui ont répliqué en usant de gaz lacrymogène. De tels affrontements nocturnes ont lieu de manière quasi quotidienne au Venezuela depuis la mi-février. Deux personnes ont été blessées par balles, a indiqué le maire du district sur son compte Twitter, Ramon Muchacho.

Le président Nicolas Maduro avait tenté de minimiser la portée du rassemblement en annonçant une semaine de congés coïncidant avec un week-end de carvanal et de commémorations historiques en plus de distribuer de la nourriture gratuite.

«La joie va conquérir l'amertume!», a lancé M. Maduro, lors d'une apparition à la télévision publique.

«Les Vénézueliens ont gagné, car la paix et le bonheur ont eu le dessus».

Qu'ils aient pris la direction des plages ou se soient joints aux protestataires, nombreux sont les Vénézuéliens à être exaspérés par les conditions de vie difficiles au pays, notamment en raison de l'inflation galopante, des pénuries de nourriture, du taux de criminalité élevé et de la mauvaise gestion des finances.

L'un des participants aux manifestations de dimanche, provenant du quartier défavorisé de Catia, a soutenu que de nombreux citoyens ont été intimidés par des milices pro-gouvernementales pour qu'elles gardent le silence, mais que plusieurs ont maintenant décidé de se joindre au mouvement.

«Les gens commencent à se réveiller! L'insécurité est insupportable», a affirmé Liomar Moreno, un étudiant en graphisme de 21 ans.

Un travailleur d'une entreprise alimentaire, Carlos Eduardo Vega, a pour sa part affirmé que le mouvement n'allait pas s'essouffler.

«Personne n'est fatigué et nous allons nous battre jusqu'à temps que le gouvernement tombe», a-t-il soutenu.

Certains étaient cependant moins optimistes, notamment le jeune Heliot Bello.

«Après deux semaines de manifestation, la seule chose qui est arrivée, c'est qu'il y a eu quelques blocages de l'autoroute et plusieurs étudiants tués. Mais que pouvons-nous faire de plus?», a indiqué l'étudiant de 14 ans.

Le maire de la ville de Chacao, Ramon Muchacho, s'est plaint des tactiques violentes des étudiants qui ont fait de son district, l'épicentre du mouvement à Caracas.

«Les leaders étudiants doivent avoir des objectifs plus précis pour ceux qui les accompagnent dans la rue. Comment allons-nous changer le gouvernement? Ils doivent se préparer à une longue bataille», a-t-il dit.

Ailleurs dans le pays, des manifestants ont maintenu des barricades enflammées de la ville industrielle de Valencia jusqu'à Mérida et San Cristobal dans l'ouest.

Le soulèvement populaire est le plus important depuis la mort du président Hugo Chavez, décédé des suites d'un cancer l'an dernier. Selon le bilan des autorités, 18 personnes ont perdu la vie dans ces violences et plus de 260 autres ont été blessées.

Tôt dimanche, le gouvernement a libéré 41 personnes arrêtées vendredi dans le quartier aisé d'Altamira. Des militants avaient lancé des cocktails Molotov, des pierres et des bouteilles en direction des soldats de la Garde nationale.

Certains étaient cependant toujours emprisonnés, dont le chef de l'opposition, Leopoldo Lopez.

Le président Maduro soutient que les troubles que connaît le pays constituent une tentative de coup d'État de la «droite fasciste» et que cette dernière est soutenue par les États-Unis.

Washington a nié ces allégations et a plutôt affirmé que le président Maduro tente de faire taire l'opposition en empêchant la liberté d'expression dans le pays.

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