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Ukraine: la France suspend sa participation aux préparatifs du G8 de Sotchi

02/03/2014 11:25 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

La France a décidé dimanche de "suspendre" sa participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi prévu en juin en raison de l'escalade militaire russe dans la crise ukrainienne, a indiqué une source diplomatique à l'Elysée.

"Nous avons suspendu notre participation aux réunions préparatoires qui vont se tenir dans les prochains jours", a-t-on déclaré de même source, précisant que cette décision avait été "entérinée" lors d'une "réunion de crise" à l'Elysée entre le président François Hollande et le chef de la diplomatie Laurent Fabius.

M. Fabius avait auparavant indiqué que la France souhaitait une suspension des préparatifs du G8 de Sotchi", prévu en juin, "tant que nos partenaires russes ne sont pas revenus à des principes conformes à ceux du G7 et du G8".

Les Etats-Unis et le Canada ont déjà fait savoir qu'ils pourraient ne pas se rendre au G8 de Sotchi en représailles aux menaces russes d'intervenir militairement en Ukraine.

M. Fabius a aussi souhaité une "médiation" dans les meilleurs délais pour éviter une opération militaire russe en Ukraine.

"Nous condamnons l'escalade militaire russe et souhaitons que soit organisée dans les meilleurs délais une médiation, soit directement entre Russes et Ukrainiens soit par l'intermédiaire de l'ONU ou de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe)", a déclaré M. Fabius à l'émission Grand Rendez Vous (Europe1/I-télé/Le Monde).

"La Russie est traditionnellement notre amie. Nous souhaitons d'un ami traditionnel autre chose qu'un bruit de bottes", a poursuivi le ministre.

"Pour essayer d'avoir une désescalade et avoir une médiation, la France est disponible. Cette médiation peut être faite au niveau des Nations unies, elle peut être faite au niveau de l'Osce, elle peut être faite au niveau d'une nation. La France est tout à fait disponible", a répété M. Fabius.

L'Elysée a indiqué que François Hollande s'est entretenu dimanche de la situation en Ukraine avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

le président français a évoqué à cette occasion "les principes qui doivent guider une solution à la crise actuelle : le respect de l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine ; la reconnaissance de la diversité ethnique, linguistique et culturelle de la population ukrainienne ; l'organisation de l'élection présidentielle de manière transparente et incontestable".

A la veille du conseil extraordinaire des affaires étrangères prévu lundi à Bruxelles, la volonté de Paris est "d'éviter une escalade avec un déploiement à une plus grande échelle des forces russes dans l'est de l'Ukraine dans une logique de sortie de crise", la question d'éventuelles sanctions à l'encontre de Moscou n'étant ainsi "pas en première ligne", a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Les Occidentaux font monter la pression sur Moscou, après le feu vert obtenu samedi en Russie par Vladimir Poutine pour une intervention armée russe en Ukraine, particulièrement en Crimée et dans l'est du pays, où Moscou veut "protéger ses intérêts et les populations russophones".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a mis en garde la Russie qu'elle risque sa place à la table des grandes puissances, au sein du G8, si elle poursuit son "invasion" de la Crimée.

L'action de la Russie en Ukraine "menace la paix et la sécurité en Europe", et Moscou doit "cesser ses activités militaires et ses menaces" sur ce pays, a affirmé dimanche le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen.

cf/nou/mr

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