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Syrie: trêve brisée à Yarmouk, espoir de retour à Mouadamiyat

02/03/2014 02:46 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

La fragile trêve dans le camp palestinien de Yarmouk a été brisée dimanche tandis que dans la banlieue de Damas la population commence à revenir, plusieurs semaines après la conclusion d'accords entre armée et rebelles.

Dans le camp assiégé de Yarmouk, où vivent 40.000 personnes dont 18.000 Palestiniens dans le sud de Damas, "il y a eu des bombardements et des combats entre le Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) et le Front populaire de libération de la Palestine-commandement général (FPLP-CG)", a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Un homme a été tué, a précisé l'ONG, son directeur Rami Abdel Rahmane affirmant que "la trêve est rompue".

Le porte-parole de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Chris Gunness, a appelé sur Twitter "toutes les parties à cesser les hostilités", et à "autoriser immédiatement la distribution de nourriture". "Les femmes et les enfants n'ont-ils pas assez souffert?", a-t-il encore tweeté.

Depuis l'été 2013, les troupes de Bachar al-Assad imposent un siège asphyxiant, réduisant les civils à vivre dans une sorte de ghetto, dans l'indigence la plus totale.

Ces dernières semaines, l'UNRWA avait cependant pu procéder à la livraison de près de 7.500 colis de vivres, "une goutte d'eau dans un océan", selon l'agence elle-même. Quelque 1.500 civils ont par ailleurs pu être évacués.

Le Front al-Nosra et le FPLP-CG, une formation pro-régime, se sont accusés d'avoir failli à leurs engagements et violé la trêve en vigueur depuis le retrait des combattants rebelles à la mi-février.

Les jihadistes ont publié un communiqué accusant le régime et ses alliés d'avoir violé leur part de l'accord, et affirmant que seule "une toute petit partie de l'aide" promise avait été distribuée.

De son côté, le FPLP-CG a accusé le Front al-Nosra d'avoir violé la trêve en revenant dans le camp.

Des militants à Yarmouk ont confirmé via internet que le Front al-Nosra était revenu dans le camp dimanche, faisant état de combats et de bombardements.

"J'étais en train de filmer à l'extérieur et les bombardements ont commencé soudainement. Il fallait voir les enfants, ils étaient terrifiés. Il n'y a plus de civils dans les rues, tout le monde a peur et se cache chez soi", a déclaré Rami al-Sayed, un militant syrien vivant à Yarmouk, contacté via internet.

Il a ajouté que la seule aide médicale entrée dans Yarmouk pendant la trêve avait été apportée illégalement, et en très petites quantités.

- Trêves dans d'autres villes -

Plusieurs accords récents entre l'armée syrienne et les rebelles sont néanmoins toujours en vigueur dans des localités autour de Damas.

Ainsi, des habitants commençaient à revenir dimanche dans Mouadamiyat al-Cham, assiégée pendant plus d'un an par l'armée avant l'entrée en vigueur d'une trêve, fin décembre.

"On nous a dit que c'était calme, alors on a décidé de revenir juste pour voir la maison", expliquait une femme à l'entrée de cette localité, accompagnée de deux enfants. "Nous reviendrons pour de bon s'il y a l'eau et l'électricité".

Sur plus de 100.000 habitants avant le début de la guerre en mars 2011, seuls 15.000 vivent encore dans cette banlieue du sud-ouest de la capitale tenue par les rebelles.

Le siège de l'armée avait, comme à Yarmouk, causé des conditions sanitaires et humanitaires terribles. Plusieurs enfants sont morts de manque de nourriture et de soins, selon l'OSDH.

Par ailleurs, le journaliste espagnol Marc Marginedas, enlevé en Syrie en septembre par un groupe islamiste, a été libéré tôt dimanche, a annoncé son employeur, le journal catalan El Periodico.

Et une campagne de vaccination contre la polio va être lancée durant le mois de mars au Moyen-Orient, après la découverte de cas en Syrie, ont annoncé les Nations unies.

bur-cbo/feb

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