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Militaires disparus au Mali: un nouveau corps exhumé près de Bamako

02/03/2014 03:50 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Un corps a été exhumé d'un puits à Kati, près de Bamako, dans le cadre de l'enquête sur la disparition de soldats opposés au coup d'Etat militaire de mars 2012 au Mali, a annoncé dimanche le gouvernement malien.

Depuis début décembre 2013, plusieurs corps soupçonnés être ceux de militaires disparus ont été retrouvés dans différentes fosses communes dans des zones proches de Kati, ville-garnison située à 15 km de Bamako, qui fut le quartier général des soldats ayant renversé le 22 mars 2012 le président Amadou Toumani Touré.

"Dans la nuit du samedi 1er mars 2013, le juge d'instruction" pour le dossier des militaires disparus, Yaya Karambé, "a fait procéder (...) à l'exhumation d'un corps enfoui dans un puits dans l'enceinte d'une concession (ensemble de maisons), sise au quartier Malibougou de Kati", a déclaré le gouvernement dans un communiqué.

"Le puits avait été obstrué à l'aide de cailloux après l'ensevelissement du corps", a-t-il ajouté.

Selon le gouvernement, l'exhumation a été ordonnée dans le cadre de l'enquête ouverte "pour enlèvement de personnes et complicité", visant le chef des putschistes de mars 2012, Amadou Haya Sanogo, et certains de ses proches, en lien avec des affrontements fin avril 2012 entre des putschistes et des soldats considérés comme loyaux envers le président renversé, surnommés "Bérets rouges".

La découverte du corps avait auparavant été rapportée à l'AFP par des sources judiciaires.

"Les enquêteurs ont retrouvé dans un puits de Kati, dans la nuit de samedi à dimanche, le corps d'un militaire, ainsi que ses galons de colonel. Le corps était en décomposition", a affirmé une de ces sources.

"Le corps a été retrouvé dans un puits profond de 50 mètres. Ce sont des militaires arrêtés dans le cadre des enquêtes qui ont indiqué l'endroit aux enquêteurs. La maison (...) appartient à un important membre de l'ex-junte militaire" putschiste, a confirmé un proche du juge Yaya Karembé.

Dans le cadre de l'enquête sur la disparition des Bérets rouges, le général Amadou Haya Sanogo ainsi que plusieurs militaires ont été arrêtés, inculpés de complicité d'assassinat et incarcérés depuis novembre 2013.

Une source proche de l'enquête a indiqué le corps découvert dans la nuit de samedi à dimanche pourrait être celui du colonel Youssouf Traoré, un des putschistes de 2012 s'étant ensuite opposés au général Sanogo.

C'est un caporal actuellement aux arrêts, ancien homme de main du général Sanogo, "qui a indiqué aux enquêteurs le puits, en précisant que c'est là que le colonel Youssouf Traoré a été enterré. Mais il faut des analyses pour confirmer qu'il s'agit bien de son corps", a précisé la même source.

Le putsch de mars 2012, qui avait été précédé d'une offensive de rebelles touareg et d'islamistes armés dans le Nord, avait précipité le Mali dans le chaos.

La crise, qui a duré 18 mois, a été marquée par une occupation des régions du Nord pendant près de 10 mois par les jihadistes alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ces derniers ont été chassés à partir de janvier 2013 par une intervention internationale lancée par la France, toujours en cours, avec des troupes sous mandat de l'ONU.

Vendredi, à l'issue d'une visite de 10 jours sur place, Suliman Baldo, expert indépendant sur la situation des droits de l'Homme au Mali nommé par l'ONU, avait estimé que de nombreux crimes, commis tant par des groupes armés que par des soldats maliens, demeuraient "impunis" en dépit d'efforts "louables des autorités" maliennes.

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