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L'Ukraine pèse sur les Bourses en Asie et dope le pétrole

02/03/2014 10:52 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

L'aggravation de la crise en Ukraine ce weekend a pesé lundi sur l'ouverture des Bourses en Asie tandis que les cours du pétrole s'affichaient en nette progression, dopés par une prime de risque géopolitique.

A la pause de la mi-journée, l'indice Nikkei des 225 valeurs vedettes de la Bourse de Tokyo perdait 1,75%. Il a chuté jusqu'à 2,68% en matinée.

Vers 03H30 GMT, Hong Kong cédait 0,71%, Séoul 0,87% et Sydney 0,63%, limitant ainsi leurs pertes par rapport aux débuts de séance. Shanghai, qui avait ouvert en repli de 0,37%, s'est redressée et affichait une hausse de 0,80%.

Le yen, considéré comme une valeur refuge en cas de crise, s'est par ailleurs apprécié. La devise japonaise valait 101,45 yens pour un dollar vers 03H00 GMT, quasiment au plus haut depuis près d'un mois, et 139,8 yens pour un euro.

La crise en Ukraine s'est aggravée ce weekend et apparaît désormais comme l'un des plus graves conflits entre les pays occidentaux et Moscou depuis la Guerre froide.

Samedi, le Sénat russe a approuvé une demande d'intervention militaire en Ukraine présentée par le président Vladimir Poutine.

L'Ukraine s'est alors déclarée "au bord de la catastrophe" à la suite de cette "déclaration de guerre" et semblait perdre dimanche le contrôle de la Crimée, ce qui a poussé les Occidentaux du G7 à faire bloc contre Moscou.

Les dirigeants de sept pays membres du G8 (G7 + Russie) ont ainsi condamné la "claire violation" de la souveraineté de l'Ukraine par Moscou et annoncé la suspension de leurs préparatifs en vue du sommet du groupe à Sotchi (Russie) en juin.

Un haut responsable ukrainien a annoncé la mobilisation des réservistes afin d'assurer "la sécurité et l'intégrité du territoire".

Et le secrétaire d'État américain John Kerry sera à Kiev mardi pour soutenir le nouveau régime ukrainien face à "l'occupation" de la Crimée par la Russie, ont annoncé les États-Unis.

Autre facteur à la baisse pour les Bourses asiatiques, la contraction de la production manufacturière chinoise en février, la plus forte depuis sept mois, selon l'indice définitif publié lundi par la banque HSBC, confirmant le ralentissement de la deuxième économie mondiale.

La brusque montée des tensions en Ukraine a en revanche dopé les cours du pétrole.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril gagnait 1,15 dollar US à 103,74 dollars US en milieu de matinée à Singapour tandis que le baril de Brent de la mer du Nord à même échéance s'appréciait de 1,43 USD à 110,50 USD.

"Pour le moment, nous avons tous les yeux rivés sur l'Ukraine, sur la situation en Crimée (...). Je crois que pour les jours à venir au moins, ce facteur éclipsera tous les autres", a déclaré Desmond Chua, analyste chez CMC à Singapour.

"Étant donné que l'Ukraine se situe dans la chaîne d'approvisionnement du Brent, la prime de risque a augmenté, poussant vers le haut les prix" du brut, a-t-il ajouté.

L'Ukraine n'est ni un producteur pétrolier majeur ni un gros consommateur, mais le pays occupe une position géographique stratégique pour le transport des hydrocarbures russes, soulignent les analystes de la division matières premières chez JP Morgan.

Ainsi, plus de 70% du gaz et du pétrole russes passe par l'Ukraine, et l'Europe représente 90% des achats du pétrole russe.

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