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L'Ukraine et les É-U demandent à la Russie de retirer ses troupes de la Crimée

02/03/2014 05:40 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Affirmant que l'Ukraine se trouve «au bord du désastre», le nouveau gouvernement a mis son armée en état d'alerte et appelé la communauté internationale à l'aide dans l'espoir d'éviter une nouvelle invasion militaire de la Russie, dimanche.

La récente intervention armée de la Russie en Crimée, une région prorusse de l'Ukraine, a été dénoncée par plusieurs gouvernements à travers le monde. Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a demandé au président russe, Vladimir Poutine, de mettre fin à cette «incroyable agression».

Un haut représentant de l'administration Obama a par ailleurs souligné que M. Kerry se rendrait à Kiev, la capitale ukrainienne, mardi, afin d'y rencontrer des représentants du gouvernement. Washington estime que la Russie a pris le contrôle de toute la péninsule de la Crimée au cours du week-end et que plus de 6000 militaires russes y ont été dépêchés, a poursuivi ce dignitaire.

Par ailleurs, les pays membres du G7 - les États-Unis, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni -, ont annoncé la suspension des rencontres préparatoires en vue du prochain sommet du G8 cet été à Stochi, en Russie.

La Maison-Blanche a publié un communiqué à cet effet dimanche soir au nom des États du G7, qui condamnent tous la violation «de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par la Russie». Ces pays font également partie du groupe économique du G8, qui inclut la Russie.

Plus tôt en journée, M. Kerry avait évoqué la possibilité de boycotter le sommet du G8, en juin. De passage sur différents plateaux télévisés, dimanche, il avait également indiqué que des sanctions économiques, l'interdiction de séjour dans certains pays et le gel d'avoirs russes pourraient aussi être décrétés.

Au lendemain de l'intervention militaire russe en Crimée, plusieurs observateurs craignent que Moscou ne tente de resserrer encore davantage son contrôle sur d'autres régions de l'est de l'Ukraine.

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a déclaré que rien ne justifiait l'invasion russe en Crimée, affirmant que son pays était sur le point de «sombrer dans la catastrophe».

«Nous croyons que nos partenaires occidentaux et l'ensemble de la communauté internationale soutiendront notre intégrité territoriale et l'unité de l'Ukraine», a-t-il dit dimanche.

Mobilisation internationale

Les représentants de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ont tenu une réunion d'urgence dimanche à Bruxelles, tandis que le ministre britannique des Affaires étrangères s'est envolé pour Kiev pour démontrer son soutien au nouveau gouvernement ukrainien.

L'OTAN condamne «l'escalade militaire de la Russie en Crimée», a indiqué l'organisation par voie de communiqué, demandant à Moscou de respecter ses obligations en vertu de la Charte des Nations unies.

L'Ukraine n'étant pas un membre de l'OTAN, les États-Unis et l'Union européenne n'ont pas l'obligation de se porter à son secours. Kiev a toutefois participé à plusieurs exercices militaires conjoints.

«Nous sommes engagés sur une voie très dangereuse d'accroissement des tensions, a mentionné le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. Mais il est encore possible de faire marche arrière. Une nouvelle division de l'Europe peut être évitée.»

Le gouvernement allemand a rapporté que le président russe, Vladimir Poutine, avait accepté dimanche une offre de la chancelière Angela Merkel pour mettre en place un «groupe de contact» afin de faciliter le dialogue entre les parties.

Mme Merkel a lancé l'idée lors d'une conversation téléphonique au cours de laquelle elle a accusé M. Poutine d'avoir violé la loi internationale en ordonnant l'intervention militaire en Crimée.

Le président Poutine a de son côté «dirigé son attention vers la menace de violences des forces ultranationalistes en Ukraine qui mettent en danger la vie et les intérêts légaux de citoyens russes», selon un communiqué publié par le Kremlin.

On y indique également que les «mesures prises par la Russie sont tout à fait adéquates dans le contexte extraordinaire actuel».

M. Poutine a rejeté les demandes de pays occidentaux appelant au retrait des troupes russes en Crimée, affirmant que le Kremlin était dans son droit de défendre les intérêts ses intérêts et ceux des russophones de la Crimée et d'autres régions de l'Ukraine.

Le président par intérim de l'Ukraine, Olexandre Tourtchinov, a quant à lui mis l'armée en état d'alerte, dimanche. Des réservistes ont notamment été mobilisés pour assurer une meilleure protection des centrales nucléaires, des aéroports et d'autres lieux stratégiques du pays.

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