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L'Ukraine dénonce «une déclaration de guerre» de la Russie

02/03/2014 05:19 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT
Sean Gallup via Getty Images
SIMFEROPOL, UKRAINE - MARCH 01: Heavily-armed soldiers without identifying insignia guard the Crimean parliament building shortly after taking up positions there on March 1, 2014 in Simferopol, Ukraine. The soldiers' arrival comes the day after soldiers in similar uniforms stationed themselves at Simferopol International Airport and Russian soldiers occupied the airport at nearby Sevastapol in moves that are raising tensions between Russia and the new Kiev government. Crimea has a majority Russian population and armed, pro-Russian groups have occupied government buildings in Simferopol. (Photo by Sean Gallup/Getty Images)

Le gouvernement ukrainien semble perdre le contrôle de la région autonome de Crimée, où les troupes russes poursuivent leur déploiement.

Le commandant en chef de la marine ukrainienne, l'amiral Denis Berezovski, a prêté allégeance, dimanche, aux autorités pro-russes de la Crimée.

L'amiral avait été nommé à la tête de la marine ukrainienne par le président intérimaire, Olexander Tourtchinov, vendredi.

Pendant ce temps, des soldats qui semblent appartenir à l'armée russe encerclent plusieurs bases militaires ukrainienne de Crimée. Les militaires ont reçu l'ordre de déposer les armes et de rallier les autorités prorusses de la région autonome.

C'est notamment le cas à Perevalnaya, au sud de la capitale Simféropol. Entre 400 et 500 militaires russes encercleraient la base, dans laquelle seraient retranchés les forces urkainiennes.

L'Ukraine a confirmé un peu plus tôt que sa flotte composée de dix navires de guerre stationnés dans le port de Sébastopol en Crimée reste loyale au nouveau gouvernement de Kiev.

Auparavant, l'armée russe avait forcé la marine ukrainienne à retirer ses navires de deux ports de Crimée.

L'armée russe aurait aussi confisqué des armes dans un centre de formation de la marine ukrainienne dans le port de Sébastopol, où se trouve la flotte militaire russe de la mer Noire.

Des journalistes présents en Crimée affirment avoir vu des convois transportant des centaines de soldats russes se diriger vers la capitale de la région.

L'Ukraine sur le pied de guerre

Pendant ce temps, l'Ukraine a rappelé l'ensemble des réservistes de son armée, dimanche, et a fermé son espace aérien aux appareils non civils.

Le secrétaire du Conseil ukrainien de sécurité, Andriy Paroubi, a indiqué qu'il était maintenant primordial que toutes les composantes de l'armée soient sur un pied d'alerte et se tiennent prêtes à intervenir en Crimée, au lendemain de la prise de contrôle de la péninsule par les troupes russes.

Le premier ministre par intérim a affirmé que les actions de la Russie en Ukraine étaient une « déclaration de guerre ».

« Toute tentative d'attaquer des installations militaires sera de fait une agression armée directe contre notre pays et la responsabilité en sera imputée à l'armée et aux dirigeants russes », a ajouté le président par intérim, Olexander Tourtchinov.

L'Ukraine pourrait demander des renforts des États-Unis et du Royaume-Uni pour assurer la sécurité de son territoire.

Jusque-là, le nouveau gouvernement ukrainien, mis en place par le parlement après la destitution du président prorusse Viktor Ianoukovitch, n'avait pas réagi militairement à cette incursion russe sur son territoire, se contentant d'une guerre de mots.

Nouvelles manifestations

Par ailleurs, environ 50 000 personnes se sont rassemblées sur la place de l'Indépendance à Kiev, dimanche, afin de manifester contre les manoeuvres militaires russes.

« Nous ne nous rendrons pas », criaient certains. « Poutine, bas les pattes de l'Ukraine », pouvait-on lire sur certaines pancartes.

D'autres manifestations pro-ukraine se sont déroulées dans plusieurs autres villes du pays, selon des médias locaux.

De la parole aux actes

Samedi, le président russe Vladimir Poutine a obtenu la permission de la Douma d'utiliser l'armée en Crimée, ce qui a soulevé la colère de plusieurs pays occidentaux.

Dimanche, le secrétaire d'État américain John Kerry a indiqué que la Russie risquait sa place au sein du G8.

La région autonome de Crimée est stratégique pour Moscou. Sa population est majoritairement russophone et attachée à la Russie.

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