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Libye: un ingénieur français tué par balle à Benghazi

02/03/2014 10:53 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Un ingénieur français a été tué dimanche par balle à Benghazi, dans l'Est libyen, selon des sources libyennes et françaises.

Une source médicale à l'hôpital Al-Jala de Benghazi, a précisé que l'ingénieur, âgé de 49 ans avait été atteint de trois balles. Il a été attaqué dans le quartier de Ras Abeida, dans le centre de la ville.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a confirmé l'"assassinat" de l'ingénieur français Patrice Réal, et "condamné avec la plus grande fermeté (...) un acte odieux et lâche", appelant à ce que ses auteurs soient "recherchés et condamnés dans les meilleurs délais".

L'ingénieur travaillait pour la compagnie Ideal Medical Project Engineering (IMPE), chargée de travaux d'extension dans le Centre médical de Benghazi, un établissement hospitalier, a indiqué Ibrahim al-Charaa, porte-parole des services de sécurité de la ville.

Il a été attaqué alors qu'il se trouvait dans une voiture en compagnie d'un chauffeur algérien, a ajouté M. Charaa.

Depuis 2007, la France s'est fortement impliquée dans la rénovation et l'extension de ce Centre médical dans le cadre de la coopération bilatérale.

L'ex-consul honoraire de France à Benghazi, Jean Dufriche, qui avait quitté le pays après avoir échappé à une tentative d'assassinat en juillet 2013, était à la tête de la mission de coopération dans cet hôpital.

Les intérêts occidentaux et les expatriés ont été visés par plusieurs attaques en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, notamment dans l'est du pays, bastion de la révolte et fief de groupes islamistes.

L'ambassade de France à Tripoli avait été visée le 23 avril dernier par un attentat à la voiture piégée, faisant deux blessés parmi les gendarmes français.

Le 11 septembre 2012, des islamistes avaient lancé une attaque contre le consulat américain à Benghazi au cours de laquelle l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Chris Stevens, et trois autres Américains avaient été tués.

En décembre, un enseignant américain avait été tué par balles.

Ces attentats, souvent attribués à des islamistes extrémistes, n'ont jamais été revendiqués et jusqu'à présent, les autorités de transition n'ont pas été en mesure d'identifier et d'arrêter leurs responsables.

Cinq corps retrouvés

M. Al-Charaa a par ailleurs indiqué que cinq cadavres ont été retrouvés dimanche dans les banlieues de Benghazi.

Quatre corps non identifiés "portant des marques de tortures" ont été retrouvés dans la région d'Abou Mariem, à 50 km au sud-est de Benghazi, et un autre cadavre a été découvert dans la région de Jaroutha (30 km à l'ouestd e Benghazi), a-t-il précisé.

M. al-Charaa a ajouté que toutes les victimes semblaient avoir été exécutées sommairement.

La semaine dernière, sept Egyptiens de confession chrétienne avaient été enlevés et exécutés à Benghazi.

Dimanche encore, un Egyptien a été grièvement blessé par balles, a indiqué M. Charaa. Il a été attaqué par des inconnus dans un commerce de primeurs où il travaillait.

Par ailleurs, un membre des services de sécurité a été tué dimanche à Benghazi, dans l'explosion d'un engin placé sous sa voiture, a indiqué M. Charaa, et un ex-officier de police a été grièvement blessé par balles dans une autre attaque.

Les membres des services de sécurité sont la cible d'attaques quasi-quotidiennes à Benghazi et Derna (est).

Les autorités peinent depuis la chute de Kadhafi à mettre en place une armée et une police capables de restaurer l'ordre dans un pays où circulent une grande quantité d'armes issues d'un conflit armé meurtrier qui a duré huit mois.

bra-ila/cbo

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